Vendredi 1er août 2008 – Trip to the Bretagne
Treize heures cinquante-sept : j’ai survécu au premier tiers du trajet, malgré un changement quelque peu mouvementé à Valence ville. Dans le TER, petite discussion avec ma voisine de siège : « Vous êtes de la région ? » « Oh, prenez ma place, je le connais par cœur le paysage, regardez le lac de Serre-Ponçon, comme c‘est magnifique, même sous ce ciel gris ; à cause de la pluie et de la neige de cet hiver, le niveau a monté brusquement et inondé quelques terres : il y a même des plages d’herbe et des pommiers, comme en Normandie ! Et plus loin, vous verrez la chapelle au milieu de l’eau. » Elle me parle de ses petits-enfants, qui aiment l’escalade et le kide-surf, déplore le manque de vent qui ne lui permet pas de me montrer comme la base nautique fourmille d’activités, m’indique comment prendre ma correspondance – pensez-vous, elle ne voyage que par train depuis dix ans, alors la ligne Guillestre-Valence, ça la connait. A Gap, où elle habite, elle me quitte, laissant avec un clin d’œil complice la banquette de quatre places pour moi seule et ma valise monumentale. Amusée, je m’enroule dans mon manteau pour rattraper ma nuit passée à écouter Arthur ronfler. Pas pour longtemps. Gap, première ville de taille conséquente dans la vallée, crache un flot de voyageurs accompagnés de leurs bagages dans le train – occasion de m’apercevoir que pour cette partie du trajet, je bas le record de la valise la plus imposante. Un homme me demande si je peux la monter dans le filet à bagages – il doit bien y avoir vingt kilos de fringues là-dedans. Je dois avoir l’air complètement stupide – eh quoi, il vient de me réveiller – parce qu’il s’en empare et le fait lui-même. Mortifiée, je me rencogne le nez dans le rideau et m’apprête à me rendormir, quand une blonde aux cheveux très frisés qui ressemble vaguement à Kathy, la marraine de mon frère, fait apparition, requérant la place laissée vacante par le monsieur, mes sacs et moi. Troublée par cette ressemblance – même vague, ça trouble de rencontrer quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis des années - je lui suppose un caractère analogue à celui de la marraine-fantôme, et impressionnée, me mets à bafouiller en faisant tomber mes affaires. Définitivement convaincue que mes deux voisins me prennent pour une crétine finie, je décide de parfaire la panoplie en sortant Jules de sa planque, histoire de dévouer le temps restant, soit trois heures avant le changement à Valence, à dormir comme une bienheureuse. Tellement heureuse d’ailleurs que je me réveille vingt minutes plus tard la bouche grande ouverte et un charmant filet de bave dégoulinant le long de mon menton. Il y a aussi la fois où je dois aller aux toilettes, et tombe à moitié sur mon voisin qui lit un truc de science fiction assez étrange, lui donne un coup de pied en voulant m’excuser, puis le moment où, ne voulant plus les déranger par mes va-et-vient, je décide d’attendre quatorze heures pour manger puisque mon sac de pique-nique est resté accroché à la valise. Mon estomac n’est évidemment pas d’accord avec cette décision, et me le fait savoir au bout d’une demi-heure de lanière assez bruyante. Rougissante, je bats en retraite et me lève à nouveau, me bats avec le nœud que ma mère a fait avec les anses jusqu’à ce que ma voisine le sosie de Kathy ne me prenne en pitié et me laisse monter sur son siège. Son tutoiement me rappelle tout à coup que ce n‘est pas parce que j’ai pavané pendant deux semaines, fière comme un paon d’être majeure et indépendante en face des autres du cleubado, que j’ai l’air plus mature. L’arrivée à Valence me le confirme encore : je dois demander de l’aide pour descendre la valise sans risquer d’assommer la moitié des gens en dessous, manque de faire tomber mon ordinateur sous le train, me fais entraîner un peu trop vite par la valise et m’étale au bas des marches devant les gens qui, compatissants, m’aident à me relever. La honte n’est même pas totale lorsqu’après avoir « checké » mes différents bagages, je m’aperçois que j’ai oublié mon pull chéri dans le porte-truc au-dessus de la tête du lecteur de science fiction et du sosie de Kathy. Saisissant mon Eastpack dont la fermeture craque un peu plus et ce pauvre Raphaël (ainsi fut renommé lundi ce cher PC), je remonte dans le wagon, paniquée à l’idée qu’il ne reparte à Lyon avec moi dedans et ma valise sur le quai. Le lecteur de science fiction sourit en me voyant revenir et me tend le pull pendant que je me confonds en excuses. Je finis par redescendre et rejoins ma valise. Fin des péripéties ? Même pas : le TGV pour Paris-Gare de Lyon arrive, et je m’aperçois que j’ai oublié de regarder dans quelle voiture je suis placée. Je suis devant la dernière, et celle qui m’est assignée est -sinon ca serait pas drôle – évidemment la première. En courant tout le long du quai, je manque de renverser une dame qui ne m’a pas entendue débouler, et pose enfin le pied sur la première marche au moment où la sirène retentit. On attrape ma valise et on m’aide à grimper à l’intérieur. Soulagée, tremblante de partout, je me mets en quête de la place isolée numéro trente-quatre, occupée par une dame qui n’a l’intention de bouger que quand elle arrivera à destination – heureusement c’est Lyon, et je peux bientôt m’émerveiller du confort et de l’espace qui ne seront qu’à moi pour deux heures et demie de trajet. Une heure est passée depuis, j’ai fini mon tube de lait concentré – arrrrrrrrrrrrrrrgh – et le mec bizarre en face a arrêté de me regarder parce qu’il dort. Dehors il pleut, ici il fait bon, j’ai plus de batterie : je vais enfin dormiiir…
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1 commentaire:
"Jusqu'à ce que la mort vous sépare" , c'est dit dans le contrat =D
Ravie de cette semaine avec twa!
(je laisserais un commentaire plus attrayant plutard tkt pas là j'ai la tête en bouilli par Buffy XD)
bizoo ma darling
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