samedi 26 juillet 2008
[Say Hallelujah...]
L'Hallelujah de Jeff Buckley. Un appel de Gen, un texto de Banshee, un mail de Lauren, un appel à Caro, des discussions à coeur ouvert sur msn avec Charles. Besoin de vous. Quatre heures du matin, sur la colline : l'heure où tout le monde est réveillé, où ceux qui ont trop bu ont froid et qu'on réchauffe, où ceux qui sont en couple depuis peu déclarent que la vie est belle. Le lendemain, 23h30, l'heure où ils dansent sur Relax - Take it easy, et où je me réfugie à l'accueil avec une tablette de chocolat et des nonnettes à l'orange, pour verser quelques larmes de crocodile devant Fruit Basket en streaming. Dérangée par le "couple de la semaine" - ils sont beaux ils parlent et rient fort il joue de la guitare et compose des chansons pour elle et tout le monde les aime - qui croient que leur présence me réconforte - cassez-vous vous dis-je, Fruit Basket et moi on se comprend. Seize heures le surlendemain : l'heure où, l'orage menaçant, je trouve refuge à l'accueil pour continuer ma lettre et venir poster ma bile. C'est pas vrai en fait, je ne me suis pas totalement changée en sale garce. J'aime sourire à la vendeuse de Tintin Sports qui m'a trouvé cette polaire merveilleuse et poilue, caresser sa chienne douce et gentille qui dort toute la journée dans le coffre ouvert de la camionnette, rencontrer Momo par hasard à son balcon, qui fume une clope en attendant de reprendre le boulot. Momo dont j'ignore le vrai nom, est français d'origine marocaine depuis trois générations, et cuisinier en chef au val-VVF de Ceillac. Il squatte le club ado pendant ses pauses, amuse la galerie en mimant les joueurs de l'OM qu'il connaît tous pour avoir pu toucher la coupe après la victoire du mondial 1998, et déprime le soir parce que son frère est atteint d'un cancer incurable. On parle de trèfles à quatre feuilles, de cigarettes et de désillusions amoureuses, il dit que la vie ne vaut rien et que l'argent c'est pire que tout, et que la cuisson des steaks sur le barbecue pour les vacanciers pensionnaires c'est tout un art. Il est dix-sept heures maintenant, mon frère et Arthur - son meilleur ami qui ronfle un peu la nuit - viennent d'arriver. Il faut que j'aille sauver ma chambre et mes privilèges, sinon cette semaine va être carrément invivable. Sinon, j'aime l'orage.
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