mercredi 29 octobre 2008

[Measuring cups And we'll play a new game...]

Si, si, dans les prochains jours je ferai un article. Juré.

lundi 20 octobre 2008

[Night-time intermission]

Faut pas croire, y a beaucoup de moments où js suis heureuse, mais je ne sais pas les raconter.

Je sais pas si c'était la fatigue ou autre chose, sortir de cours à dix-huit heures après sept heures de droit dont je n'ai pas compris dix phrases, mon colis sous le bras, marcher comme une somnambule, penser que je dois être en plein rêve, que je vais me réveiller et me retrouver chez moi en France, aller au lycée et vous retrouver, mes familiers, piliers de mon quotidien pendant trois ans. Que je vais ouvrir les yeux et que Charles d'ici se tranformera en notre Charles, et qu'au lieu de discussions sur le prof de Staatsrecht il me parlera 4L, TER ou Euro allemand. Que ma prochaine cigarette je la fumerai avec Cec, que si je descends les escaliers je tomberai sur Lauren, Gen et Alice pour un quart d'heure entre deux cours que je comprendrai. C'est irréel d'être ici. Vous me manquez tellement, c'est parfois insoutenable. Me consoler en pensant aux trois mails que j'attends ce soir, et trouver ma boîte vide. N'y tenant plus, attraper ma carte sim française et me résoudre à dépenser, s'il le faut, les 20 euros de réserve en cas d'extrême urgence. Me dire que c'est un cas d'extrême urgence. Racrocher au nez du répondeur. Venir ici.
demain l'ambassade, et d'autres choses inintéressantes. Pas de droit, mon passeport l'emporte sur l'ordre des priorités. Je me sens trop petite pour tout ça tout à coup, moi qui clame mon indépendance à longueur de semaine. Les présentiments trompeurs, et combien on se sent stupide après. Essayer de trouver un bouquin pour passer les quelques heures qui me séparent de la nuit. M'affaler dans le lit et espérer que je passerai pas encore celle-là à regarder le plafond et à écouter les grincements des autres lits, de ceux qui dorment. Je dois être fatiguée.

vendredi 17 octobre 2008

[So take your time And don't take mine Loose yourself But don't loose your mind]

"Ich hab mein französischen Personalausweis verloren..."
J'ai dû le répéter une dizaine de fois aujourd'hui, sans résultat, ç'aurait été trop beau...
Voilà. Julie Soupez, née le 29.03.1990, étudiante étrangère à l'université de Potsdam, sans papiers, quinze euros en poche jusqu'à nouvel ordre.
Il faut que ça m'arrive, toujours à moi, qui croyais en avoir presque fini avec toutes leurs démarches administratives, leurs papiers, leurs formulaires à remplir-dater-signer... Demain, direction l'ambassade pour espérer peut-être un titre provisoire... Marre. D'avoir toujours besoin des autres, d'être incapable de me débrouiller seule. De toujours me sentir aussi petite et insignifiante. D'être toujours la paumée de service, gauche, maladroite et impressionable. De ne jamais réussir à retenir mes larmes, même dans les situations les plus gênantes. C'est beau les rêves d'indépendance... Mais pour le moment je me sens très stupide avec mes listes de choses à ne pas oublier, de délais à remplir, et de choses auxquelles penser pour réussir à serrer les dents et continuer de lire presque imperturbable aux arrêts de bus.
Je pensais avoir un tas de choses à raconter, des histoires drôles et européennes, et je me retrouve juste là, à venir par nécessité, vide de mots. Donner des nouvelles. Ne rien savoir dire de beau. C'est comme Valentine qui dit que c'est romantique, comme dans les films, de marcher pieds nus sous la pluie, au milieu de la route en pleine nuit, mes ballerines à la main. Vide. Parce que les flaques d'eau étaient gelées, que les graviers faisaient mal, et... dans les films il y a toujours quelqu'un pour vous tendre sa veste. Dans les films, "quand on veut on peut" et "la distance ne compte pas", ou encore "loin des yeux près du coeur". Ce genre de trucs.
Heureusement certains chauffeurs de bus sont gentils, heureusement le concierge de Neues Palais parle doucement et ne s'agace pas quand je lui demande de répéter... Heureusement les mails de Cec, Lauren, ceux pleins de musique et de cinéma, internet dans ma chambre, Moo, Charles, Paul-Henri, Yoann et Edwin. Nathalie, Morgane, Martin et la soirée de demain. Christophe et les cigarettes, Charles et son advil contre le Kopfweh. Anja, Kiran et moi en pyjama dans la cuisine à huit heures du soir.
Ecouter Sean Lennon et essayer à nouveau de dormir.

Petits détails


Petits détails


Ma chambre, côté... bulle


Ma chambre, côté salon


mercredi 15 octobre 2008

Ma chambre, côté studieux


[Is there life on Mars ?]

Presque deux heures du matin, une petite cérémonie qui se répète de jour en jour : Morgane couchée dans le canapé-lit, moi dans mon petit recoin, on parle plus ou moins longtemps, puis elle s'endort pendant que je profite d'une connection usurpée...
Schöner Abend. Découvrir petit à petitt certaines personnalités, parler à coeur ouvert parce qu'on se sent en confiance sans pour autant se connaître vraiment, et le reste va de soi. Remisées au placard les idées sombres : je suis et dois faire en sorte d'être toujours libre, les problèmes financiers finiront par s'arranger, et même si le droit ne me plaisait pas, je ressortirais de tout ça grandie, avec des tas d'expériences et de souvenirs inoubliables, et la fierté non négligeable de maîtriser enfin cette langue assez ardue. Noël n'est pas si loin, et des mails magiques m'arrachent un sourire heureux même les jours où le stress et le découragement se font un peu trop sentir. Merci pour tout ça, merci pour la confiance, les encouragements et les clins d'oeils...
Et puis se dire qu'on est tous dans la même galère et que si les premières semaines, voire les premiers mois s'annoncent difficiles, le reste n'a pas de prix. Qu'on y arrivera à notre rythme et à notre façon.
Merci... Vous aime tellement...
Jooles-la-sentimentalo-romantique, ce soir fatiguée, apaisée et heureuse.

lundi 13 octobre 2008

[When the lights go out all over Europe]

Vendredi 10 octobre.

Deux heures du matin, pas sommeil. Je dois pourtant me lever dans sept heures, prendre le petit déjeuner avec Morgane, et être à dix heures moins cinq devant la porte de Nathalie, pour une nouvelle journée de démarches administratives. C’est peut-être qu’il y a trop de choses à propos desquelles être heureuse, peut-être à cause du colis enfin arrivé ou de la musique qui résonne à mes oreilles, peut-être tout ce jus d’orange bu pour retrouver un peu plus de vitalité, peut-être le pain perdu dégusté à quatre dans la petite cuisine de ma collocation, peut-être la reprise des cours qui approche à grands pas, peut-être le mystère de cet appartement berlinois, peut-être toutes ces lettres à écrire sans vraiment savoir comment m’y prendre, peut-être toutes les questions qu’implique cette nouvelle vie. On ne peut pas s’imaginer avant d’y être vraiment, ce que c’est de se retrouver ici. Il y a tellement de choses étranges et à la fois naturelles à faire chaque jour, chaque heure, presque chaque minute. Faire des courses au Kaufland de la gare avec Morgane et Nathalie en ne sachant pas très bien ce qui des tranches de jambon ou des Kinder Riegel est le plus vital, m’étonner : c’est si dur de faire ça pour moi seule, comment fait-on quand il y a toute une famille à satisfaire ?, prendre un bus dans la mauvaise direction en ignorant tout des noms de station qui défilent sur l’écran d’affichage, me demander si manger au MacDo quatre fois par semaine parce que la Mensa universitaire est trop loin, c’est si nocif pour ma santé, ne pas trouver de vrai beurre ni de vraie crème fraîche mais du Ritter Sport et du Lindt comme il n’y en aura jamais en France, prier pour que les L2 aient tort et que la neige tombe sur la forêt, attendre Noël pour que les villes revêtent cette atmosphère toute particulière à l’Allemagne avant les fêtes, loucher sur les calendriers de l’avant et les stands précoces de vin chaud sur la Potsdamer Platz, regretter devant le four-micro-ondes de n’avoir personne pour qui cuisiner et partager ma chambre certains soirs avec Morgane. Les heures solitaires se retrouvent reléguées à tard dans la nuit, le jour il y a toujours quelqu’un autour pour vous ramener à la réalité si d’aventure votre regard s’attarde un peu trop longtemps par la fenêtre, toujours quelque chose à ne pas oublier pour arriver saine et sauve à cet endroit qu’on appelle désormais, un peu timidement, presque en s’excusant, « la maison ». La maison, notre maison, c’est Babelsberg pour Nathalie, Isaure, Hélène ou moi, Griebnitzsee pour Morgane et Sarah. Ca désigne à la fois ce petit recoin où on a casé notre lit, une ou deux peluches, des bouquins et de photos et qu’on s’acharne à rendre un peu plus personnel chaque jour, et à la fois tout cet endroit où on s’interpelle d’un étage à l’autre, où je peux aller emprunter en deux minutes son khôl à Nathalie parce que le mien est abîmé, où on utilise ma cuisine pour faire les pâtes de Morgane avec la casserole d’Anja la Polonaise et les histoires collégiennes de Julien. Où bientôt on inaugurera leurs fameuses « Keller-Parties » dans le sous-sol de notre bâtiment…
C’est pour tout ça, que même écrire est devenu étrange. Parce que mes pages se rempliront de quelque chose qui vous sera complètement étranger, parce qu’il me semble que les pensées qui m’occupent ici sont à cent lieues de celles que je tapais il y a deux semaines. Pleines de listes de courses, de lignes de S-Bahn, de numéros de comptes ou de portables Vodafone, de lieux et de gens que vous ne connaitrez pas et qui ne vous connaissent que par ce que je leur raconte, fière, de vous et de notre vie ensemble. Je ne sais toujours pas vers quoi je m’embarque, ni si je tiendrai le coup ni ce qu’on deviendra tous, je ne sais pas ce que je viendrai raconter ici aussi régulièrement que possible. J’ai peur de tout et j’ai hâte de tout, envie de découvrir et envie de vous retrouver, parfois envie de rire sans savoir pourquoi et parfois envie de pleurer en sachant très bien pourquoi.
Je vous aime.

mercredi 8 octobre 2008

[Searching for a song that could explains this... Can't find it]

Tadaaam !
Après une semaine de sommeil, enfin ce qui ressemble à des mois tant il se passe de choses, voilà, mon cher blog reprend vie. Mercredi 8 octobre, 18h26, exactement une semaine et deux heures que mes pieds ont foulé le territoire allemand pour la première foir depuis un an et demi. C'est tellement étrange de vous écrire d'ici ! Ici, c'est-à-dire la bibliothèque universitaire de Babelsberg, troisième campus universitaire de Potsdam, où je suis désormais étudiante. E-tu-diante. Depuis peu initiée aux soirées erasmus et à la collocation européenne. Une semaine, c'est autant de temps pour débarquer complètement perdue, retrouver avec soulagement Morgane et Nathalie, faire nos premières courses à quatre jusqu'à dix heures le soir et rentrer complètement explosées de rire et exténuées, découvrir et aprivoiser ma chambre immmmmense, dialoguer dans un allemand aproximatif avec des collocataires venant d'Angleterre ou de Pologne, se faire repabtiser "Louise" ou "Loulou" par les L2, s'inscrire à l'université, à la mairie, payer le loyer, ouvrir un compte allemand, se renseigner sur les forfaits téléphoniques allemands, tester les bars à coktails berlinois, me perdre dans Berlin, commencer à prendre quelques repères rudimentaires. Le bus 694 pour aller chez Morgane, au campus de Babelsberg, rentrer chez moi ou aller à la gare, le N17 pour regagner mes pénates la nuit sans passer par la forêt à pied, la S-Bahn pour aller à Berlin... Eviter Georg le gars qui ressemble à Pierre Richard, essayer d'apprendre à Urbain le français mon vrai prénom, réussir du premier coup à ouvrir la porte de ma chambre, trouver du premier coup d'oeil la marque la moins chère au Kaufland...
Les plus grandes joies : accéder à internet et à ma boîte hotmail, lire la vingtaine de mails qui s'y accumule, répondre à Lauren, Melle Trémauville, Claire, manger des Kinder tout le temps, danser de manière inconvenante dans ma chambre avec Nathalie et Morgane, fumer à la fenêtre en observant nos congénères, réussir à lire quelques pages des Cerfs-volants de Kaboul, avoir mes parents au téléphone, manger un BigMac, recevoir de gentils textos de Gen ou Alice, laisser des commentaires débiles à Cec, réussir à télécharger un lecteur DVix et iTunes, sentir l'odeur de la forêt en automne, regarder les arbres multicolores, admirer les bâtiments de l'université, marcher le sourire jusqu'aux oreilles à Berlin et vous plaindre tous sincèrement, vous qui restez en France, boire de l'Apfelschorle, me coucher le soir...
Parfois me sentir un peu seule, un peu fatiguée et un peu nostalgique, un peu perdue et angoissée face à la tonne de travail qui m'attend encore pour comprendre les gens et réussir cette foutue Zwischenprüfung.
Oups ! voir qu'il est déjà sept heures et que si mes souvenirs sont bons, ce soir on mange chez moi !
Sur ce, cher vous que j'aime et qui me manquez beaucoup, avec qui j'aimerais partager tout ça, je vous embrasse et vous quitte, pas pour très longtemps puisque la connection devrait d'ici deux jours atteindre ma propre chambre...
A très bientôt <3