samedi 4 juillet 2009

[He's a real nowhere-man Sitting in his nowhere-land Nowhere-man can you see me hello ?]

J'ai pris le bus trop tard pour arriver à l'heure au Staatsoper, presque soulagée de ne pas avoir à m'enfermer deux à trois heures dans une salle sombre, à devoir contenir tout semblant d'émotion pour ne pas contrarier les vieux qui râlent au moindre toussotement. J'ai flâné le long de l'artère, vaguement étonnée des tenues étranges qu'arborent les berlinois quand les beaux jours les poussent à délaisser leurs blousons de ski. Vaguement tenté de faire les soldes au H&M de la Französische Strasse, déambulé sans but aux Galeries dans l'espoir d'entendre quelques mots de français - en vain. Je suis arrivée trente secondes après la fermeture du Passage, avec une envie soudaine de Paille d'Or. Cherché un glacier potable, mais sans oser rentrer dans le complexe intimidant du forum de l'automobile. En quête de calme et d'un endroit où me poser, je me suis dirigée vers le Gendamenmarkt avec une pensée pour cet après-midi avec Cec où on avait divagué sur un banc à côté de l'église française... Mais la place était bondée et barrée par une sorte d'amphithéâtre dressé à l'occasion du Classic Open. Me suis assise sur des marches quelque part, entre un couple âgé et trois étudiants, frustrée dans mon envie de liberté. J'ai regardé vers le ciel pendant que le spectacle commençait, il y avait des gens aux balcons, et j'ai essayé très fort de ne pas pleurer. J'avais mis ma plus jolie robe et j'étais sortie prendre l'air... J'ai repris mon livre, mais l'opéra, même en plein air, s'accorde mal avec le Kenya du siècle dernier, et au bout de quelques pages à chercher une citation qui me tournait dans la tête, je suis repartie, sans aucune envie que les trois étudiants qui se marraient en partageant leurs chips et leur rosé me voient faire couler mon mascara. Parce que je m'étais maquillée, aussi. Je suis passée devant des bars, des cafés et des restaurants remplis de gens détendus, souriants, endimanchés, en famille ou entre amis, et je les ai jalousés de toute ma force de crétine esseulée. J'ai cherché un endroit où me réfugier en attendant la fin de l'opéra, mais il était 20h, et ces bars, cafés et restaurants me foutaient la trouille. Besoin de plus d'anonymat. Refait la rue en sens inverse, traversé le carrefour toujours aussi animé et ai rencontré sur ma route le miracle du Dussman ouvert jusqu'à minuit... J'ai erré dans les rayons et j'ai découvert que les Allemands savent quand même faire de jolies cartes postales, même s'ils le planquent bien. Me suis décidée pour une carte sans aucun rapport avec le bon rétablissement que je voulais à l'initiale souhaiter à mon oncle, pas même un mot allemand, mais juste un lièvre ébouriffé à l'air paumé. J'ai pensé qu'il avait à peu près cette tête-là quand il me faisait des blagues belges et qu'il voulait me voler mon Polochon à musique. Qui ne fait plus de musique depuis, d'ailleurs. J'ai détaillé livre par livre le rayon enfant, me suis rendue compte que la Poule venait d'ici et que décidément, pour les mômes ils étaient forts aussi, les Allemands. Il y avait même l'Histoire de la taupe qui voulait savoir... Le rayon DVD a dû me prendre environ une heure. Quand mon pied droit a menacé d'exploser, je me suis enfoncée dans un de leurs fauteuils en simili-cuir très confortables te me suis plongée dans la plus imposante biographie illustrée d'Audrey Hepburn que j'ai pu trouver. J'ai même pénétré avec réticence dans le rayon bouquins, ouvert une traduction d'Expectation de Ian McEwan... Et puis il était 23h. Jeté un dernier coups d'œil sur la multitude de carnets en tous genres du rez-de-chaussée, puis je suis partie à la rencontre de Dorra et de sa sœur. J'avais bien fait de pas venir, un truc genre plus de trois heures, cet opéra, de toutes façons je le sentais pas. J'ai ouvert la bouche pour la première fois de la journée, et puis on est allées manger au Vapiano. Un gaspaccio, deux schweppes, une crème mascarpone, une dizaine d'anecdotes familiales, amoureuses ou allemandes et autant de fous-rires plus tard, on a payé en volant des bonbons à la caisse, et puis on a retrouvé la fraîcheur bienfaisante de la rue. Conclusion : les Belghith sont un remède efficace contre la grisaille, et ont un humour à faire se retourner n'importe quel passant. Et féroces avec les chats, en plus.

vendredi 3 juillet 2009

[On en oublierait presque le numéro d'équilibriste Le seul qui compte et qui constiste à pas tomber]

*Marcher sur le fil entre le bien et le mal
Disons pour être moins solennel
Entre le bof et le pas terrible
Mais c'est quand même difficile
Et quand on bascule c'est normal
Faut essayer de tomber du bon côté*

Je n'avais pas remarqué jusqu'ici à quel point elles sonnaient juste, ces paroles de notre bien-aimé, éternel Bénabar(chou :) ... Troublée. "Sans dessus-dessous". Et puis il fait tellement chaud... J'ai les idées qui s'embrouillent à force. Je suis terrifiée, en vrai. Affolée à l'idée de faire un pas de trop et de tomber de très haut. Et pas envie non plus de rester l'éternelle gamine effrayée et crédule... Et si c'est vraiment moi, alors il faudra que je m'efforce de gagner en fierté et en mystère. Et puis j'ai besoin de Vous voir, mai, juin, juillet, ça fait trois mois, et il s'en écoulera encore un entier avant que je vous revoie. Vous me manquez tellement. (Passé une bonne partie de la nuit à relire nos lettres... <3) Il est 15h30 et je suis toujours en chemise de nuit. Il faut que je travaille et que je mange et que je prenne une douche et que je m'habille pour aller à l'opéra avec Dorra et sa petite soeur ce soir. La Flûte enchantée... en allemand bien sûr.
Ca ne sera pas une erreur d'être venue, d'avoir tout plaqué, je ferai en sorte que ça n'en soit pas une. Toujours pas certaine qu'on puisse parler de courage, penchant de plus en plus vers la lâcheté. Est-ce que j'ai fui, ou est-ce que j'ai choisi le plus difficile ? Est-ce que j'avais vraiment conscience que ça serait aussi dur ? Il me semble avoir vécu en rêve ces mois qui ont précédé le grand départ, ce premier octobre. L'aéroport avec Lauren, presque jusqu'à la dernièe minute.
"Si tu ne pleures pas autant pour moi que pour ton chat... !"
"Tu ne pleureras pas, promis ?"
"Tiens, les sucettes, dans l'avion, ça occupe la bouche et la tête." (Caroline et moi, la braderie de Lille)
"Tu ne l'ouvriras que quand ils annonceront que vous aurez franchi la frontière."
C'était la première fois que je prenais l'avion depuis ce voyage en Grèce, huit ans avant. Et puis finalement je n'étais pas la seule à prendre ce vol : Isaure et Hélène, assises à côté de moi, et puis Marie, un peu plus loin. Le reste je n'ai pas envie d'y penser... Il reste qu'à chaque fois que je reviens, ce sont les plus belles vacances de ma vie, à profiter de chaque minute, de chaque personne et de chaque lieu le plus possible. Le soleil a brillé très fort la plupart du temps, il a nimbé pour toujours mes souvenirs les plus heureux, les mots les plus chaleureux, ceux qui sont à me rappeler chaque fois qu'il fait un peu trop gris ici.
Il fait tellement chaud !
NB : penser à n'oublier personne, à ne froisser personne. Pourquoi est-ce que je n'y arrive jamais ?

lundi 29 juin 2009

[Je m'balladais sur l'avenue Le coeur ouvert à l'inconnu]


J'ai l'impression de vivre un rêve depuis quelques jours. (Humeur bucolique et romantico-débile.) Il y a que je ne les ai quasiment passés que dans mon lit, sur mon PC ou dans un bouquin, et puis il y a le reste... Il y a les rêves étranges que l'on fait quand on dort trop. La difficulté qu'il y a à rattraper la réalité en marche après... Peut-être que j'ai avalé trop de thé et de miel pour arriver à penser et à écrire des niaiseries sirupeuses pareilles. Mais ça n'est pas uniquement de ma faute si l'air est aussi doux et parfumé ce soir... Ca va me manquer, l'an prochain, la forêt tout près, et cette odeur particulière qui vient avec la nuit et les beaux jours, et tout ce qui va avec, les promenades en short les écouteurs aux oreilles, le premier mai et le muguet, les escargots, le château etc... Mais en fait je rêve déjà de ce nouveau chez nous avec Isaure ! Je nous imagine chacune dans notre chambre, avec l'atmosphère qui va avec. Nos meubles, nos souvenirs et nos bidules, nos photos, dont après un an certaines deviendront peut-être communes, notre vaisselle ensemble dans la cuisine, nos shampoings dans la baignoire, nos brosses à dents sur le lavabo. Je nous ferai la cuisine, elle la vaisselle ^^ Et on fera des WG parties, et on circulera à vélo dans Berlin... Je sais qu'il faudrait que je limite ma tendance à m'enflammer vu que ça n'est même pas encore décidé pour l'appart Bülowstrasse, mais je n'y peux rien. Dans mon imagination ça serait chaleureux, et on arriverait à transformer le débarras en petite salle commune... Dans mon imagination un tas de choses se passeraient d'ici là... Faites-la taire nom de Dieu ^^
Il n'empêche que vu d'ici, les prochains mois ont l'air d'un marasme de dates plus ou moins vagues, plus ou moins stressantes, paniquantes ou réjouissantes. Bilan du dimanche 28 juin (la vache, déjà !), un jour passé à dormir, à rêvasser et à feuilleter distraitement les bouquins de droit que m'a prêtés Dorra :

- penser à travailler (encore une semaine de libre...)
- 6 au 14 juillet : séminaire de droit admin II
- 15 juillet : partiel qui va avec
- 28 juillet : partiel de BGB
- 30 juillet : partiel de Strafrecht
- 3 août : partiel de Staats
- à partir de là : Hausarbeit
- 10 au 19 août : Moo (...) :D
- fin août : déménagement
- 19 ou 20 août : retour en France
- 20 au 28 août : Bretaaaaagne :)
- septembre : Rouen, Londres, Paris, peut-être même Vienne !
- 19 & 27 septembre : anniversaires
- octobre : Rouen, Strasbourg, possibles vendanges avec Isadoure :)
- 20 octobre : retour à Potsdam... investissement de notre nouvelle WG ^^

C'est dingue, résumé en quelques dates ça n'a plus l'air si énorme. C'a même l'air très court... Mais bon dieu ce que ces prochaines semaines vont me sembler longues...

vendredi 26 juin 2009

"Everybody's gotta learn sometimes"


"Comme je n'ai absolument aucune compétence juridique, j'ai accompli des actes sexuels. 634 pipes en cinq jours. Je suis épuisée !"

Julia Roberts, Erin Brokovitch, seule contre tous.

:D

lundi 15 juin 2009

[Is there anybody gone to listen to my story ?]

Je crois que je sais ce qui beugue avec ce blog. Ca veut pas dire que je sais comment y remédier, mais au moins je sais pourquoi c'est la lose à ce point ^^ Ce qui faisait qu'il était un minimum vivant avant, c'est que je parlais de choses qui nous concernaient à peu près tous, puisqu'on partageait plus ou moins, mais plus que moins il me semble, la même vie, à se voir tous les jours pour la plupart, un peu moins souvent pour les autres, mais il y avait ce lien matériel, ces contacts réguliers qu'on avait en commun et qui faisaient que ce que je pouvais déblatérer ici avait un minimum d'intérêt et de sens pour vous. Comme a dit Hugo une fois, "on continue de suivre, mais on comprend pas tout"... Ca me fait de la peine. Mais j'imagine que je ne peux pas y faire grand-chose. J'aimerais pouvoir encore écrire des trucs débiles sur des stupidités qu'on aurait faites à longueur de journée au lycée, sur une lubie particulièrement marquante d'un prof plus ou moins à la masse que d'habitude (Mâle-en-Cuir tu me manques sincèrement !), ou sur une aventure palpitante qui me serait arrivée lors d'un voyage à cheval sur mon fidèle Kröte et que je vous aurais racontée le lendemain avec force détails héroïques ! Mais bon. Ca fait un an bientôt que le lycée c'est fini, que j'ai pas vu la tête empreinte de doute du seul prof de philo - judoka au monde, et que je me suis pas cassé la gueule en scooter en revenant du lycée - il était peut-être temps de m'en rendre compte, penseront certains - ça va je sais. Alors... retour au début de l'année, again, je sais pas vraiment quoi faire de ce blog qui se meurt à petit feu. Mais qui représente trop de choses pour que je le lâche comme ça...

A l'heure actuelle,
* Clémentine dort dans mon canapé, quelques heures avant qu'on aille arpenter les rues de Berlin
* ma lettre doit être arrivée à Lauren qui doit se poser avec raison des questions sur ma santé mentale et sur le poids de cette foutue enveloppe bourrée à craquer
* ma lettre à Gen est en cours d'écriture
* j'ai à mon actif quelques conversations débiles sur skype avec Moo
* il y a depuis une semaine un brouillon de mail dans ma boîte, destiné à Caroline et Hugo mais que j'ose pas envoyer de peur d'une réponse négative :)
* Alice est a priori toujours vivante parmi la faune inséenne
* Izu dort, Youenn vient de m'apprendre que son premier portable date de la terminale
* Laurent a dû poser les pieds sur le sol français
* Yohann a diparu de la surface terrestre...
... mes parents dorment sûrement, ainsi que mon frère et les deux chats dans un lit ou au garage...

Il y a ici Hélène, Sarah, Isaure, Tinou, Dorra, Victoria et Camille, et même Arianne depuis peu, peut-être d'autres à venir. Des projets de travaux communs, de colocations berlinoises, des questions d'avenir plus ou moins graves...
Et j'ai une fois de plus perdu le fil de ce qui m'amenait ici. Au moins c'est un article de plus... !

mardi 9 juin 2009

[There will be an answer Let it be]

WANT TO BE AT HOME
WANT TO HUG MY FAMILY
WANT TO SPEND A DAY IN MY SUNNY GARDEN
WANT TO SLEEP AT NIGHT WITH MY CAT ON MY FEET
(WANT CEC TO BE HERE :)

vendredi 5 juin 2009

I wish I could get rid of nightmares.

[C'est peut-être juste le droit administratif. Peut-être parce que j'ai oublié deux soirs de suite et donc c'est purement biologique. Peut-être parce que la saison 5 de Dr House est merdique, que Scrubs touche à sa fin. Que je culpabilise pour le droit allemand. Que je me sens pas à ma place ici et que ça durera encore deux ans. Que j'en ai marre d'ici. Que je voudrais être bientôt en vacances comme les autres. Que je voudrais être en France avec mes amis. Que j'aimerais qu'il fasse soleil un peu. Qu'Hélène ne va toujours pas bien. Que je n'aurais pas dû rentrer à l'Ascension. Que j'ai l'impression que mes efforts sont vains. Et de n'avoir plus ma place nulle part. C'est peut-être rien et peut-être tout. Mais, merde.]