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mardi 24 novembre 2009

Le sang des fraises

J'ai dormi de 21h à 3h, puis de 8h30 à 14h30. Rêvé de super-héros destructeurs aux noms et aux volontés mortifères, puis de disputes familiales. J'ai du mal à croire que je m'en vais. Je m'en vais ! J'ai du mal à croire que j'ai perdu quelque chose d'aussi inestimable que son amitié aussi.
Le temps de prendre une douche, et il faisait déjà nuit. "Tu viendras fumer avec moi ?" ou encore "Tu viens au ciné avec nous ?" Désolée, je ne suis pas quelqu'un sur qui on peut compter. Je suis une bombe à retardement - menace d'explosion sous la pression de tout le vide qui se trouve à l'intérieur de moi.
Si je pouvais m'allonger contre toi et te serrer dans mes bras, il me semble que mon vide s'atténuerait un peu.
Dormir, juste dormir. Ne pas rêver. Me réveiller quand tout sera fini. Ou quand tout commencera...

mercredi 18 novembre 2009

[Même dans l'espace Schengen Ils auront pas voulu de ma peau]

Je me sens coupable de rester coincée ici à ne rien faire. Je me sens coupable de ne pas avoir fait assez d'efforts, d'avoir baissé les bras trop vite, et d'être incapable d'entendre un cours de droit allemand alors que les autres y sont arrivés. Je me sens coupable de n'avoir jamais travaillé de ma vie, d'avoir toujours été une source de dépenses, de n'avoir jamais pu donner en retour de ce que j'ai reçu. Je me sens coupable d'être incapable de changer, de toujours avoir besoin d'aide, d'être aussi dépendante. D'avoir gâché ta soirée en pleurant encore une heure sur ton épaule. Je me sens coupable d'être toujours ce que je suis, de ne pas aimer ce que je suis et de ne jamais arriver à changer quoi que ce soit. Je me sens coupable quand j'entends qu'on me dit que je suis jolie, que je suis intelligente et gentille, que je devrais être heureuse au lieu de tout gâcher comme ça. Je me sens coupable de ne pas arriver à voir au-delà de ces trois putains de mois, de trouver inutile d'enfiler une jolie robe ou d'essayer de passer une soirée en dehors de chez moi, puisque tu n'es pas avec moi. Je me sens coupable de te faire supporter tout ça alors que je t'aime. De t'en vouloir alors que tu n'y es pour rien, et d'être triste à cause d'une chose contre laquelle je ne peux absolument rien.

Qu'est-ce que je fais là moi
Je sais pas
Je voulais juste marcher tout droit
Qu'est-ce que je fais là moi
Jesais pas
Je pense à toi depuis mille ans

dimanche 8 novembre 2009

[Je ne suis qu'un millitant Du parti des oiseaux Des enfants et des chiens Des fleurs et de l'eau]

Les Egarés de Téchiné, Odile - qu'est-ce que ce prénom est laid et qu'est-ce qu'elle est belle. La nuque de Gaspard Ulliel et la voix de Philippe, les nattes de la petite.
Les Témoins... de loin en loin, la robe jaune et la mort à la fin, qui m'avait foutu tellement la trouille pour quelqu'un que j'avais un peu trop aimé.

Et ce foutu sentiment de malaise diffus. J'ai beau avoir gagné cette fois, tout ça me semble tellement loin, avec encore toute cette année déserte à traverser.
[Familiar faces are so far away from me.]

mardi 27 octobre 2009

[I don't belong here]

"A la fac. Devrais aller en cours, mais la seule idée de rentrer dans l'amphi bondé et d'aller m'asseoir pour écouter deux heures d'un cours dont je comprends un mot sur dix me donne envie de pleurer."

Et puis un soir
Dans une salle de spectacle du Boulevard Rochechouard
Nous nous sommes retrouvés assis à côté de gens ayant choisi allemand première langue en sixième
Allemand première langue...
Les mêmes peut-être qui portent un bonnet de bain pour le plaisir... ?


mardi 15 septembre 2009

[Faut refaire toute l'installation Rien n'est conforme]

Quand je suis perdue, inquiète ou mélancolique, je ne parle pas.
Ceci dit, feuck la mélancolie.

mercredi 9 septembre 2009

[Moi c'est vers toi que je tends les bras]

[Ca risque d'être le temps des posts déprimés, pardon d'avance. J'arrive pas à sortir la tête de là. Les larmes qui montent à planquer furieusement, mes pensées à concentrer sur autre chose, vite, avant que ça ne devienne incontrôlable. Envie de normalité. Que quelqu'un me dise enfin ce qui ne va pas chez moi. Besoin d'expliquer ce qui se passe et qu'on me dise que ça n'est qu'éphémère et que c'est la dernière fois. Que les autres se calment un peu. Qu'on me foute la paix et qu'on me laisse avancer tranquille. Pas besoin de ça en plus. J'aimerais qu'on me pardonne mes erreurs d'il y a quelques années, qu'on me laisse avancer toute seule, besoin des bonnes personnes pour sortir de là, pas d'étouffer sous les reproches et l'irrationalité. Même pas sûre de savoir qui a tort et qui a raison. Juste la trouille de vous innonder une fois de plus. T' - à vrai dire.]

Mon chez moi
Mon premier et mon second choix
Mon rêve d'absolu qui ne tarit pas

[Whan I was younger So much younger than today]

Comment dire
J'ai trop mis de jetons
Comment dire
Dans le jukebox des souvenirs...

Encore sous le choc d'il y a deux nuits. Squat chez Caroline et Hugo par peur de me retrouver toute seule. Me sens tellement pitoyable. J'aimerais tellement ne pas être "comme ça". En perdition. Paumée, une fois de plus. Sans pouvoir me sentir chez moi autre part qu'avec Y. Et même alors... Arrachée à moi-même, sans plus pouvoir établir aucune connexion avec le monde autour. Si encore ça n'était pas différent à chaque fois, peut-être que je saurais comment réagir. Rien trouvé à part me rouler en boule et attendre que ça passe. Ne plus pouvoir regarder personne et à plus forte raison ceux qui voudraient que je les regarde. Crises de doute, d'angoisse, de colère et de frustration. Passer mon temps à pleurer pour des idioties. Je suis perdue, tellement perdue. L'ai tellement dit et répété, tellement fait subir, que je doute qu'il y ait bientôt encore quelqu'un pour m'écouter. M'étais promis que ça n'arriverait plus. Même pas une promesse en l'air - tout ce qu'il y a de plus sérieux. Pas en mesure de pouvoir la tenir. Je crève de trouille. Tout qui revient à ma mémoire : les chambres, les chaises dans le couloir, la machine à laver, les bonbons éparpillés par terre... les chansons, les films, comme si tout s'était ligué. Fatiguée. Tellement mal à la tête et les yeux qui brûlent... Faites que ça passe vite. Très vite. Tout.

samedi 22 août 2009

Résumons-nous : samedi après-midi, deuxième jour à Rouen. Je suis en train de me payer une rage de dents monumentale, coincée ici entre mon frère qui taille la haie et mon père qui tond la pelouse dans un boucan infernal. Projets prévus pour l'après-midi : profiter du soleil, lire, écrire, dormir un peu. Impossible : trop de bruit. Bouger, voir des gens, faire des trucs. Impossible : trop mal. Reste : penser à lundi en espérant que je serai toujours vivante et saine d'esprit d'ici là.

dimanche 2 août 2009

[You could have it so much better]

Demain, demain !
Malade d'appréhension - ou d'impatience, sans vraiment savoir pour quelle raison : le Staats, Quimper ou ce foutu rêve à la con ? Ca devrait être interdit de stresser comme ça. Et le téléphone qui sonne dans le vide... Ca devrait être interdit de rêver des trucs pareils, et de culpabiliser après pour des choses qui ne se sont jamais passées ! Il fait tellement chaud... Je devrais peut-être me poser des questions. Oh mon Dieu oh mon Dieu... Je ne suis absolument pas prête, 20h pour lire 60 pages...
[Panic attack(s)]

Mais je déambule tout bas
Gentiment, inutile
J'aimerais faire quelque chose pas forcément facile
J'voudrais pouvoir te dire
(...)

mardi 28 juillet 2009

[L'été où j'étais l'invité de la principauté de ta beauté]

In a Souchon-state-of-mind. Ouf. BGB, c'est passé. Ne plus repenser aux deux pages d'inepties que j'ai rendues vaguement honteuse, mais tellement soulagée, en commentant l'épreuve avec Isaure, Manon et Camille. Oh, ces musiques sont tellement douces... Je ne fais que rêver au moment où le train entrera en gare. J'aime les trains, et l'ai probablement déjà dit. J'aime les gares et leur fourmillement, les gares rassurantes où les valises ne semblent jamais si lourdes, les distances jamais si grandes et les délais jamais si longs, que dans un aéroport... La gare de Rouen parce qu'elle est belle, et celle de Strasbourg aussi, et son dôme de verre, et puis Saint Lazare. L'instant où les machines ralentiront et où le wagon s'immobilisera dans un crissement de freins. Attraper mon sac - faites qu'il soit assez grand pour six jours ! - et ma veste, attendre dans les couloirs étroits entre les rangées de sièges que les autres passagers descendent... (Rougir et ne pas écrire la suite.)

Trop aimer c'est pas normal
Un coeur si mal accroché
Décroché
Pour que l'amour me quitte

(Ah non. Qu'il reste !)
Ça ira. N'est-ce pas ?
- Il y a eu plus de Life is a highway après tout.

jeudi 23 juillet 2009

[Nobody said it was easy]

Jeudi

(A présent je voudrais que la ville soit vivante cette nuit, pour partir à sa découverte et me sentir vivante.) Avril.
Relectures coupables en temps de révisions... La ville, que je contemplais du haut du balcon d'Hugo, et que je sentais hors d'atteinte, hors de ma portée, alors qu'elle était censée être mienne... Toutes ces pages noircies de février à avril...
Ça n'est pas la ville à laquelle je m'attendais, mais la nuit j'ai oublié son immensité, ses espaces vides et troublants. Elle est devenue ma complice, s'est montrée chaleureuse et accueillante, complice, c'est le mot... Il y avait tellement d'endroits où s'abriter et où être seuls, tellement de visages familiers depuis maintenant presque un an que nous nous côtoyons.
[Berlin I love you (Even if sometimes) You're bringing me down]

Voici la ville Dont je te parlais Là immobile Comme elle l'était D'ici on voit Depuis la colline Les panorama Dans la nuit, les usines Voici la ville Antiquaires et préfet La bourgeoisie docile Les pharmaciens rouennais D'ici l'on voit Les enseignes, les vitrines La Seine en contrebas Dans la nuit les usines Voici la ville Où je cherchais Les yeux des filles Un chemisier défait D'ici l'on voit Un fête qui se termine Les antennes sur les toits Dans la nuit les usines D'ici je vois Les amours, la presqu'île Et ma vie avant toi Voici ma ville.


Vendredi

Les jours passent à une lenteur effrayante. Coldplay à fond dans ma chambre. Oui ça fait très cliché, et alors ? Oh take me back to the stars. Je suis atrocement amoureuse. Atrocement niaise et atrocement en danger d'être... oh je me sens tellement stupide !! Ca ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment... Obligée à chaque minute d'empêcher mes pensées de vagabonder et les souvenirs d'affluer, obligée d'avoir recours à ces bonbons amers pour pouvoir dormir parce que je n'ai pas de temps à perdre en heures passées à contempler le plafond et à sourire dans le vide... (Les papillons dans le ventre). La musique à fond pour rester éveillée, pour rester à ce que je suis censée faire... Incapable de me concentrer aujourd'hui. J'ouvre et referme mon livre, éparpille les feuilles surlignées de toutes part, annotées à chaque lignes de traductions bancales... Dieu comme ça manque de sens, comparé à tout ce qui manque d'exploser en moi ! (Look at the stars look how they shine for you) Consciente de mon bonheur et de ma chance, et dans l'incapacité d'en jouir pleinement puisqu'il reste encore samedi, dimanche, lundi, mardi - BGB, mercredi, jeudi - Straf, vendredi, samedi, dimanche, lundi - Staats. J'ai besoin d'intensité, là, maintenant tout de suite ! Que la musique monte à en faire vibrer tout, que le ciel se couvre, que le vent souffle et arrache leurs feuilles au grands arbres du parc, que le tonner gronde, que les éclairs se déchaînent, que tout explose ! Je veux du bruit et de la pluie, "cravacher l'air en gestes et en paroles", du fracas, que ça bouge ! Tout est tellement fade autour alors qu'en moi tout bouillonne. Thé noir et brûlant.

[Pour Cec, qui est à l'origine de tellement de ces plaisirs - et pour toi aussi, qui ne connaissais pas Princesse Mononoké :) I love (watching movies with) you.]

vendredi 10 juillet 2009

[Personne ne vous a prévenu ? Vous êtes sur Hell Nep Avenue]

J'imagine qu'une fois de plus je ne suis pas censée prendre tout ça tellement à coeur. Alors disons que c'est le temps, le gris, le froid et la pluie, la nuit blanche, la fatigue, l'accumulation de droit administratif, ... la fatigue. Une boule aigre dans la gorge et des frissons dans le dos.






Pensons plutôt à cette merveilleuse lettre de Lauren, à ce bouquin qui m'attend sous la couette et le sommeil, à la patience dont il faudra m'armer pour survivre à ces deux prochains jours :) et à ce qui arrivera...

samedi 4 juillet 2009

[He's a real nowhere-man Sitting in his nowhere-land Nowhere-man can you see me hello ?]

J'ai pris le bus trop tard pour arriver à l'heure au Staatsoper, presque soulagée de ne pas avoir à m'enfermer deux à trois heures dans une salle sombre, à devoir contenir tout semblant d'émotion pour ne pas contrarier les vieux qui râlent au moindre toussotement. J'ai flâné le long de l'artère, vaguement étonnée des tenues étranges qu'arborent les berlinois quand les beaux jours les poussent à délaisser leurs blousons de ski. Vaguement tenté de faire les soldes au H&M de la Französische Strasse, déambulé sans but aux Galeries dans l'espoir d'entendre quelques mots de français - en vain. Je suis arrivée trente secondes après la fermeture du Passage, avec une envie soudaine de Paille d'Or. Cherché un glacier potable, mais sans oser rentrer dans le complexe intimidant du forum de l'automobile. En quête de calme et d'un endroit où me poser, je me suis dirigée vers le Gendamenmarkt avec une pensée pour cet après-midi avec Cec où on avait divagué sur un banc à côté de l'église française... Mais la place était bondée et barrée par une sorte d'amphithéâtre dressé à l'occasion du Classic Open. Me suis assise sur des marches quelque part, entre un couple âgé et trois étudiants, frustrée dans mon envie de liberté. J'ai regardé vers le ciel pendant que le spectacle commençait, il y avait des gens aux balcons, et j'ai essayé très fort de ne pas pleurer. J'avais mis ma plus jolie robe et j'étais sortie prendre l'air... J'ai repris mon livre, mais l'opéra, même en plein air, s'accorde mal avec le Kenya du siècle dernier, et au bout de quelques pages à chercher une citation qui me tournait dans la tête, je suis repartie, sans aucune envie que les trois étudiants qui se marraient en partageant leurs chips et leur rosé me voient faire couler mon mascara. Parce que je m'étais maquillée, aussi. Je suis passée devant des bars, des cafés et des restaurants remplis de gens détendus, souriants, endimanchés, en famille ou entre amis, et je les ai jalousés de toute ma force de crétine esseulée. J'ai cherché un endroit où me réfugier en attendant la fin de l'opéra, mais il était 20h, et ces bars, cafés et restaurants me foutaient la trouille. Besoin de plus d'anonymat. Refait la rue en sens inverse, traversé le carrefour toujours aussi animé et ai rencontré sur ma route le miracle du Dussman ouvert jusqu'à minuit... J'ai erré dans les rayons et j'ai découvert que les Allemands savent quand même faire de jolies cartes postales, même s'ils le planquent bien. Me suis décidée pour une carte sans aucun rapport avec le bon rétablissement que je voulais à l'initiale souhaiter à mon oncle, pas même un mot allemand, mais juste un lièvre ébouriffé à l'air paumé. J'ai pensé qu'il avait à peu près cette tête-là quand il me faisait des blagues belges et qu'il voulait me voler mon Polochon à musique. Qui ne fait plus de musique depuis, d'ailleurs. J'ai détaillé livre par livre le rayon enfant, me suis rendue compte que la Poule venait d'ici et que décidément, pour les mômes ils étaient forts aussi, les Allemands. Il y avait même l'Histoire de la taupe qui voulait savoir... Le rayon DVD a dû me prendre environ une heure. Quand mon pied droit a menacé d'exploser, je me suis enfoncée dans un de leurs fauteuils en simili-cuir très confortables te me suis plongée dans la plus imposante biographie illustrée d'Audrey Hepburn que j'ai pu trouver. J'ai même pénétré avec réticence dans le rayon bouquins, ouvert une traduction d'Expectation de Ian McEwan... Et puis il était 23h. Jeté un dernier coups d'œil sur la multitude de carnets en tous genres du rez-de-chaussée, puis je suis partie à la rencontre de Dorra et de sa sœur. J'avais bien fait de pas venir, un truc genre plus de trois heures, cet opéra, de toutes façons je le sentais pas. J'ai ouvert la bouche pour la première fois de la journée, et puis on est allées manger au Vapiano. Un gaspaccio, deux schweppes, une crème mascarpone, une dizaine d'anecdotes familiales, amoureuses ou allemandes et autant de fous-rires plus tard, on a payé en volant des bonbons à la caisse, et puis on a retrouvé la fraîcheur bienfaisante de la rue. Conclusion : les Belghith sont un remède efficace contre la grisaille, et ont un humour à faire se retourner n'importe quel passant. Et féroces avec les chats, en plus.

vendredi 3 juillet 2009

[On en oublierait presque le numéro d'équilibriste Le seul qui compte et qui constiste à pas tomber]

*Marcher sur le fil entre le bien et le mal
Disons pour être moins solennel
Entre le bof et le pas terrible
Mais c'est quand même difficile
Et quand on bascule c'est normal
Faut essayer de tomber du bon côté*

Je n'avais pas remarqué jusqu'ici à quel point elles sonnaient juste, ces paroles de notre bien-aimé, éternel Bénabar(chou :) ... Troublée. "Sans dessus-dessous". Et puis il fait tellement chaud... J'ai les idées qui s'embrouillent à force. Je suis terrifiée, en vrai. Affolée à l'idée de faire un pas de trop et de tomber de très haut. Et pas envie non plus de rester l'éternelle gamine effrayée et crédule... Et si c'est vraiment moi, alors il faudra que je m'efforce de gagner en fierté et en mystère. Et puis j'ai besoin de Vous voir, mai, juin, juillet, ça fait trois mois, et il s'en écoulera encore un entier avant que je vous revoie. Vous me manquez tellement. (Passé une bonne partie de la nuit à relire nos lettres... <3) Il est 15h30 et je suis toujours en chemise de nuit. Il faut que je travaille et que je mange et que je prenne une douche et que je m'habille pour aller à l'opéra avec Dorra et sa petite soeur ce soir. La Flûte enchantée... en allemand bien sûr.
Ca ne sera pas une erreur d'être venue, d'avoir tout plaqué, je ferai en sorte que ça n'en soit pas une. Toujours pas certaine qu'on puisse parler de courage, penchant de plus en plus vers la lâcheté. Est-ce que j'ai fui, ou est-ce que j'ai choisi le plus difficile ? Est-ce que j'avais vraiment conscience que ça serait aussi dur ? Il me semble avoir vécu en rêve ces mois qui ont précédé le grand départ, ce premier octobre. L'aéroport avec Lauren, presque jusqu'à la dernièe minute.
"Si tu ne pleures pas autant pour moi que pour ton chat... !"
"Tu ne pleureras pas, promis ?"
"Tiens, les sucettes, dans l'avion, ça occupe la bouche et la tête." (Caroline et moi, la braderie de Lille)
"Tu ne l'ouvriras que quand ils annonceront que vous aurez franchi la frontière."
C'était la première fois que je prenais l'avion depuis ce voyage en Grèce, huit ans avant. Et puis finalement je n'étais pas la seule à prendre ce vol : Isaure et Hélène, assises à côté de moi, et puis Marie, un peu plus loin. Le reste je n'ai pas envie d'y penser... Il reste qu'à chaque fois que je reviens, ce sont les plus belles vacances de ma vie, à profiter de chaque minute, de chaque personne et de chaque lieu le plus possible. Le soleil a brillé très fort la plupart du temps, il a nimbé pour toujours mes souvenirs les plus heureux, les mots les plus chaleureux, ceux qui sont à me rappeler chaque fois qu'il fait un peu trop gris ici.
Il fait tellement chaud !
NB : penser à n'oublier personne, à ne froisser personne. Pourquoi est-ce que je n'y arrive jamais ?

lundi 29 juin 2009

[Je m'balladais sur l'avenue Le coeur ouvert à l'inconnu]


J'ai l'impression de vivre un rêve depuis quelques jours. (Humeur bucolique et romantico-débile.) Il y a que je ne les ai quasiment passés que dans mon lit, sur mon PC ou dans un bouquin, et puis il y a le reste... Il y a les rêves étranges que l'on fait quand on dort trop. La difficulté qu'il y a à rattraper la réalité en marche après... Peut-être que j'ai avalé trop de thé et de miel pour arriver à penser et à écrire des niaiseries sirupeuses pareilles. Mais ça n'est pas uniquement de ma faute si l'air est aussi doux et parfumé ce soir... Ca va me manquer, l'an prochain, la forêt tout près, et cette odeur particulière qui vient avec la nuit et les beaux jours, et tout ce qui va avec, les promenades en short les écouteurs aux oreilles, le premier mai et le muguet, les escargots, le château etc... Mais en fait je rêve déjà de ce nouveau chez nous avec Isaure ! Je nous imagine chacune dans notre chambre, avec l'atmosphère qui va avec. Nos meubles, nos souvenirs et nos bidules, nos photos, dont après un an certaines deviendront peut-être communes, notre vaisselle ensemble dans la cuisine, nos shampoings dans la baignoire, nos brosses à dents sur le lavabo. Je nous ferai la cuisine, elle la vaisselle ^^ Et on fera des WG parties, et on circulera à vélo dans Berlin... Je sais qu'il faudrait que je limite ma tendance à m'enflammer vu que ça n'est même pas encore décidé pour l'appart Bülowstrasse, mais je n'y peux rien. Dans mon imagination ça serait chaleureux, et on arriverait à transformer le débarras en petite salle commune... Dans mon imagination un tas de choses se passeraient d'ici là... Faites-la taire nom de Dieu ^^
Il n'empêche que vu d'ici, les prochains mois ont l'air d'un marasme de dates plus ou moins vagues, plus ou moins stressantes, paniquantes ou réjouissantes. Bilan du dimanche 28 juin (la vache, déjà !), un jour passé à dormir, à rêvasser et à feuilleter distraitement les bouquins de droit que m'a prêtés Dorra :

- penser à travailler (encore une semaine de libre...)
- 6 au 14 juillet : séminaire de droit admin II
- 15 juillet : partiel qui va avec
- 28 juillet : partiel de BGB
- 30 juillet : partiel de Strafrecht
- 3 août : partiel de Staats
- à partir de là : Hausarbeit
- 10 au 19 août : Moo (...) :D
- fin août : déménagement
- 19 ou 20 août : retour en France
- 20 au 28 août : Bretaaaaagne :)
- septembre : Rouen, Londres, Paris, peut-être même Vienne !
- 19 & 27 septembre : anniversaires
- octobre : Rouen, Strasbourg, possibles vendanges avec Isadoure :)
- 20 octobre : retour à Potsdam... investissement de notre nouvelle WG ^^

C'est dingue, résumé en quelques dates ça n'a plus l'air si énorme. C'a même l'air très court... Mais bon dieu ce que ces prochaines semaines vont me sembler longues...

vendredi 26 juin 2009

"Everybody's gotta learn sometimes"


"Comme je n'ai absolument aucune compétence juridique, j'ai accompli des actes sexuels. 634 pipes en cinq jours. Je suis épuisée !"

Julia Roberts, Erin Brokovitch, seule contre tous.

:D

lundi 15 juin 2009

[Is there anybody gone to listen to my story ?]

Je crois que je sais ce qui beugue avec ce blog. Ca veut pas dire que je sais comment y remédier, mais au moins je sais pourquoi c'est la lose à ce point ^^ Ce qui faisait qu'il était un minimum vivant avant, c'est que je parlais de choses qui nous concernaient à peu près tous, puisqu'on partageait plus ou moins, mais plus que moins il me semble, la même vie, à se voir tous les jours pour la plupart, un peu moins souvent pour les autres, mais il y avait ce lien matériel, ces contacts réguliers qu'on avait en commun et qui faisaient que ce que je pouvais déblatérer ici avait un minimum d'intérêt et de sens pour vous. Comme a dit Hugo une fois, "on continue de suivre, mais on comprend pas tout"... Ca me fait de la peine. Mais j'imagine que je ne peux pas y faire grand-chose. J'aimerais pouvoir encore écrire des trucs débiles sur des stupidités qu'on aurait faites à longueur de journée au lycée, sur une lubie particulièrement marquante d'un prof plus ou moins à la masse que d'habitude (Mâle-en-Cuir tu me manques sincèrement !), ou sur une aventure palpitante qui me serait arrivée lors d'un voyage à cheval sur mon fidèle Kröte et que je vous aurais racontée le lendemain avec force détails héroïques ! Mais bon. Ca fait un an bientôt que le lycée c'est fini, que j'ai pas vu la tête empreinte de doute du seul prof de philo - judoka au monde, et que je me suis pas cassé la gueule en scooter en revenant du lycée - il était peut-être temps de m'en rendre compte, penseront certains - ça va je sais. Alors... retour au début de l'année, again, je sais pas vraiment quoi faire de ce blog qui se meurt à petit feu. Mais qui représente trop de choses pour que je le lâche comme ça...

A l'heure actuelle,
* Clémentine dort dans mon canapé, quelques heures avant qu'on aille arpenter les rues de Berlin
* ma lettre doit être arrivée à Lauren qui doit se poser avec raison des questions sur ma santé mentale et sur le poids de cette foutue enveloppe bourrée à craquer
* ma lettre à Gen est en cours d'écriture
* j'ai à mon actif quelques conversations débiles sur skype avec Moo
* il y a depuis une semaine un brouillon de mail dans ma boîte, destiné à Caroline et Hugo mais que j'ose pas envoyer de peur d'une réponse négative :)
* Alice est a priori toujours vivante parmi la faune inséenne
* Izu dort, Youenn vient de m'apprendre que son premier portable date de la terminale
* Laurent a dû poser les pieds sur le sol français
* Yohann a diparu de la surface terrestre...
... mes parents dorment sûrement, ainsi que mon frère et les deux chats dans un lit ou au garage...

Il y a ici Hélène, Sarah, Isaure, Tinou, Dorra, Victoria et Camille, et même Arianne depuis peu, peut-être d'autres à venir. Des projets de travaux communs, de colocations berlinoises, des questions d'avenir plus ou moins graves...
Et j'ai une fois de plus perdu le fil de ce qui m'amenait ici. Au moins c'est un article de plus... !

mercredi 20 mai 2009

[Somewhere only we know]


En route pour la France :)
Légère mélancolie. Ma chambre est finalement nickel, ma valise prête, ne reste plus qu'à caser mon ordi (il faudrait que je songe à lui donner un nom... lecteur, si rare sois-tu ^^ si tu as une idée ne te prive pas de me la faire savoir !) dans la sacoche et à fermer le tout. Une douche vite fait, dire au revoir à Dorra et puis...
17h30 : le bus
18h16 : la Regio
18h40 - 20h : enregistrement
20h40 : embarquement et vol...
22h05 : arrivée à Orly
1h environ : arrivée à la maison... Liebe Katz u. liebe Zimmer...
J'ai envie d'une promenade avec Isaure dans la forêt. C'est mon refuge cette forêt, et Isaure... c'est Isaure :)

J'espère que c'est un nouveau départ. J'espère qu'après Hélène ira mieux, j'espère que Sarah et Morgane iront mieux, j'espère que tout se passera bien samedi, j'espère que toute cette mouise finira bientôt. J'espère que je pourrai dormir et arrêter d'avoir peur tout le temps. J'espère que tout ira bien, bientôt.

mardi 19 mai 2009

[Je veux déjeûner par terre Comme en Nouvelle-Angleterre]

[Je vais virer claustro. Ou parano, ou un truc dans le genre, qui se finit en -o...
Je vais finir par devenir cinglée. Je suis épuisée, je suis sur les nerfs, j'en peux plus. Stop les cauchemars et les crises et les larmes... Foutez-moi la paix...]

dimanche 17 mai 2009

[New York I love you But you're bringing me down]

I want Paul Varjak to be with her even if she's always drunk and terrified and he's a lost too sensitive writer.
And no fake promises please.

(And I want the Cat back. Alive.)