*Marcher sur le fil entre le bien et le mal
Disons pour être moins solennel
Entre le bof et le pas terrible
Mais c'est quand même difficile
Et quand on bascule c'est normal
Faut essayer de tomber du bon côté*
Je n'avais pas remarqué jusqu'ici à quel point elles sonnaient juste, ces paroles de notre bien-aimé, éternel Bénabar(chou :) ... Troublée. "Sans dessus-dessous". Et puis il fait tellement chaud... J'ai les idées qui s'embrouillent à force. Je suis terrifiée, en vrai. Affolée à l'idée de faire un pas de trop et de tomber de très haut. Et pas envie non plus de rester l'éternelle gamine effrayée et crédule... Et si c'est vraiment moi, alors il faudra que je m'efforce de gagner en fierté et en mystère. Et puis j'ai besoin de Vous voir, mai, juin, juillet, ça fait trois mois, et il s'en écoulera encore un entier avant que je vous revoie. Vous me manquez tellement. (Passé une bonne partie de la nuit à relire nos lettres... <3) Il est 15h30 et je suis toujours en chemise de nuit. Il faut que je travaille et que je mange et que je prenne une douche et que je m'habille pour aller à l'opéra avec Dorra et sa petite soeur ce soir. La Flûte enchantée... en allemand bien sûr.
Ca ne sera pas une erreur d'être venue, d'avoir tout plaqué, je ferai en sorte que ça n'en soit pas une. Toujours pas certaine qu'on puisse parler de courage, penchant de plus en plus vers la lâcheté. Est-ce que j'ai fui, ou est-ce que j'ai choisi le plus difficile ? Est-ce que j'avais vraiment conscience que ça serait aussi dur ? Il me semble avoir vécu en rêve ces mois qui ont précédé le grand départ, ce premier octobre. L'aéroport avec Lauren, presque jusqu'à la dernièe minute.
"Si tu ne pleures pas autant pour moi que pour ton chat... !"
"Tu ne pleureras pas, promis ?"
"Tiens, les sucettes, dans l'avion, ça occupe la bouche et la tête." (Caroline et moi, la braderie de Lille)
"Tu ne l'ouvriras que quand ils annonceront que vous aurez franchi la frontière."
C'était la première fois que je prenais l'avion depuis ce voyage en Grèce, huit ans avant. Et puis finalement je n'étais pas la seule à prendre ce vol : Isaure et Hélène, assises à côté de moi, et puis Marie, un peu plus loin. Le reste je n'ai pas envie d'y penser... Il reste qu'à chaque fois que je reviens, ce sont les plus belles vacances de ma vie, à profiter de chaque minute, de chaque personne et de chaque lieu le plus possible. Le soleil a brillé très fort la plupart du temps, il a nimbé pour toujours mes souvenirs les plus heureux, les mots les plus chaleureux, ceux qui sont à me rappeler chaque fois qu'il fait un peu trop gris ici.
Il fait tellement chaud !
NB : penser à n'oublier personne, à ne froisser personne. Pourquoi est-ce que je n'y arrive jamais ?