Voilà. Encore un jour de moins. Un jour qui ne promettait rien, tout gris, gelé, brumeux, un jour où on reste à la maison le nez dans le poil de son chat. Mais pas le temps de musarder... encore des chosex à faire, eyt surtout des gens à voir. Un très bel après-midi. How great.
Une soirée, cette fois la dernière. J'aurais voulu être courageuse et digne, j'aurais voulu dire quelque chose de beau, à défaut... A défaut de tout ce qui me manque et que j'espère trouver là-bas. J'espère devenir quelqu'un de plus fort.
J'aurais voulu dire un truc magnifique, je dirai juste merci. Et pardon, je promets que je changerai. Ne serait-ce qu'à moi.
lundi 29 septembre 2008
[ (...) Mais quand j'vois un planisphère J'ai le coeur qui taille la zone]
[Lentement, à cause des milliers de pensées involontaires qui auréolent le flot paresseux du temps restant avant le grand départ, je boucle mes malles. Je farfouille dans mes boîtes à trésor, les vide pour en emplir d'autres, empile des dizaines de livres avant d'en reposer certains à regret sur une étagère, décroche des photos pour sagement les ranger dans des cartons, pose un regard sur l'une d'elles. Le champ magnétique du souvenir : je repars cinq, deux ans, quelques semaines en arrière, m'interroge. Les minutes passent. Mon petit coeur (trop) primesautier s'est accordé bien malgré moi la fantaisie de m'énamourer gravement. Pas de temps pour l'amour. A peine assez pour accueillir Caro d'un visage à faire cailler le lait, me faire réprimander vertement pour mon manque de courage et tout plaquer pour un tour en voiture. Entre deux conversations noyées de brouillard éthylique sur la nécessité de débureaucratiser les services financiers, je les regarde profiter d'un dimanche après-midi à deux. A les voir si complices, ma fausse exubérence de circonstance baisse la garde ; j'ai les nerfs qui se croisent sur la poitrine et qui me serrent à m'empêcher de respirer.] Voir Oh le beau jour.
Les murs et les étagères se vident, ma chambre qui n'est plus tout à fait la mienne. Il me semble que les battants de cette vieille armoire adorée grincent encore plus que d'habitude, comme pour dire son indignation d'être ainsi pillée. Il manque vos visages sur les panneaux trop blancs en face de mon lit, les plumes colorées qui égayaient la moustiquaire, les boîtes à thé pleines de coquillages et de galets vernis, les cartes postales sur le bois lisse et familier. En plein milieu de la pièce s'entassent mes cinq tomes de Harry Potter, la trilogie de Pullman, mes Flicka tout cornés, la biographie des Beatles qui m'a suivie jusque dans les Alpes, les Pennac, Justine Lévy comme memento, Desproges, Anne Wiazemky, Jean-Jacques Greif le voyageur prêté par Lauren, et puis Tim Burton, McCartney et Jane Austen en 10/18. Karen Blixen avec le DVD d'Out of Africa cédé généreusement par ma mère, les Chansons d'amour. Un carton rempli de vos lettres, un trousseau de couture, mon parapluie, une pile de téléramas, une vieille chemise de nuit de Cec, le gilet rouge tout délavé de Caro, un rassemblement de figurines Kinder, deux moleskines et mes cours d'allemand.
Il y a ce projet de blog avec Cec, Lauren qui m'accompagnera à l'aéroport, ce rendez-vous de dix-sept heures aux Floralies, encore un petit bout de soirée volé au temps qui file sans me demander mon avis, des discussions msn avec Nathalie et Morgane, sa voix au téléphone pour la première fois depuis des semaines. Le réconfort de Souchon et de mes pulls en laine, d'un vieux jean usé et de mon Chat comparant, insouciant, le rembourrage du sac de mon PC à celui de la grande valise rouge.
Je sais bien que j'ai choisi, mais si j'aime les arrivées, j'ai horreur des départs.
mardi 23 septembre 2008
[Seul le soleil suffit Sur la ville endormie]
Pigalle, Pigalle...
Paris. Métro, ligne 7. Le Kremlin Bicêtre, Châtelet. RER, ligne A1, Nanterre - Université. Escalators bondés, tapis roulants sur lesquels on croise des centaines de gens à toute vitesse, et personne qui ne regarde personne, à part moi, provinciale paumée, qui observe tout le monde en essayant de déterminer qui de ces gens auxquels je suis collée par les secousses du RER est touriste ou authentique Parisien. Aller en cours sans vous, beaucoup de monde mais très peu que je connais, rien qui m'appartienne ici à part mes bagages. Paris n'est pas accueillante. Vite fait de vous faire sentir que vous ne la connaissez pas et qu'elle ne vous connaît pas. Belle, imposante, majestueuse, ca-pi-tale.
Paris l'inconnue, c'est effrayant, mais grisant, alors que l'inconnu dans une salle de cours, l'inconnu qui vous saute dessus alors que vous ne vous y attendiez pas, ça c'est traître. Ecouter sans comprendre pendant des heures une prof qui semble parler une autre langue que celle que je suis venue apprendre, ne trouver aucune logique à ces pages de vocabulaire totalement vide de sens à mes yeux, paniquer. Vague impression de n'être pas à ma place.
Et puis Morgane qui m'emmène manger un BigMac à cinq heures de l'après-midi et me raccompagne jusqu'au RER de la Défense pour que je ne perde pas, Moo et notre joyeuse cohabitation dans son 15 m2, les conversations avec Cec...
D'ailleurs il se fait tard, demain je rentre à Rouen pour l'anniversaire paternel, encore une foule de choses à faire.
Bonne nuit ami lecteur...
Paris. Métro, ligne 7. Le Kremlin Bicêtre, Châtelet. RER, ligne A1, Nanterre - Université. Escalators bondés, tapis roulants sur lesquels on croise des centaines de gens à toute vitesse, et personne qui ne regarde personne, à part moi, provinciale paumée, qui observe tout le monde en essayant de déterminer qui de ces gens auxquels je suis collée par les secousses du RER est touriste ou authentique Parisien. Aller en cours sans vous, beaucoup de monde mais très peu que je connais, rien qui m'appartienne ici à part mes bagages. Paris n'est pas accueillante. Vite fait de vous faire sentir que vous ne la connaissez pas et qu'elle ne vous connaît pas. Belle, imposante, majestueuse, ca-pi-tale.
Paris l'inconnue, c'est effrayant, mais grisant, alors que l'inconnu dans une salle de cours, l'inconnu qui vous saute dessus alors que vous ne vous y attendiez pas, ça c'est traître. Ecouter sans comprendre pendant des heures une prof qui semble parler une autre langue que celle que je suis venue apprendre, ne trouver aucune logique à ces pages de vocabulaire totalement vide de sens à mes yeux, paniquer. Vague impression de n'être pas à ma place.
Et puis Morgane qui m'emmène manger un BigMac à cinq heures de l'après-midi et me raccompagne jusqu'au RER de la Défense pour que je ne perde pas, Moo et notre joyeuse cohabitation dans son 15 m2, les conversations avec Cec...
D'ailleurs il se fait tard, demain je rentre à Rouen pour l'anniversaire paternel, encore une foule de choses à faire.
Bonne nuit ami lecteur...
jeudi 18 septembre 2008
[Si les étoiles reviennent Je te jure que je te les décroche Et pour apaiser ta peine J'en glisserai une dans ta poche]
Me réveiller doucement sans perspective désagréable à l'horizon, chatouillée par un gentil rayon de soleil filtrant à travers les rideaux clairs, à une heure que l'on taira par égard pour le lecteur travaillant. Déjeûner de nutella et de lait frais en essayant d'ignorer les cris plaintifs de ce chat famél...- juste un peu enveloppé, appeler Lauren pour qu'on se retrouve en ville dans l'après-midi, fimoter avec amour quelques broches et m'apercevoir qu'il n'y a plus de super glue. Partager des aubergines grillées avec mon Vati, prendre la voiture, conduire (mal), trimballer dans le 20 une valise pleine de deux ans de bouquins scolaires, et finir par découvrir, vingt minutes en retard, ma Gen et ma Lauren au lieu du rendez-vous. Une fois Geneviève retournée à son dur labeur de prépaïenne, écluser à deux les rayons de la Fnac, et en cette période de pénurie financière, craquer - craquer n'étant pas le mot exact puisque cet achat certes déraisonnable était prévu de longue date comme palliatif à des moments futurs potentiellement angoissants ou déprimants - pour ce CD que les adjectifs merveilleux, magnifique, splendide, sublime ou prodigieux ne sauraient suffire à décrire, et enfin trouver un bouquin de plans et cartes de Berlin à peu près digne de ce nom. D'ailleurs, est-ce que quelqu'un saurait comment s'appelle une telle chose, histoire que j'arrête d'avoir l'air débile à chaque fois que j'essaye d'expliquer ou - en désespoir de cause - de mimer ce que je cherche à un pauvre vendeur perplexe ?
Poster une lettre, tomber sur Caroline, Hugo et le Nabot au détour d'une rue - ne cherchez pas à m'échapper, pauvres mortels, je SAIS où vous allez et quand et pourquoi et gnahahahahahahaha ! - être rejoints par sa majesté Alice et passer l'après-midi en riante compagnie. Adopter Ciboulette la Poule qui agrandit le cheptel déjà important en soi des bestioles qui partiront avec moi découvrir le vaste monde, hésiter entre la boîte à pois et la boîte à motifs indéterminées, pour finir par manquer d'en écraser une sur la tête d'Hugo qui sans oser se l'avouer est tombé raide dingue de Ciboulette la Poule, et choisir celle à motifs indéterminés. Ajouter à mon important tas de bagages une pépite au chocolat encore tiède, faire une virée au Monop' pour apaiser ma soif, et enfin nous poser place de la cathédrale pour déguster ces merveilles.
Effectuer le seul achat un peu sérieux de cette fin d'après-midi à la boutique SNCF, et me marrer avec ce vendeur incroyable qui cumule ces deux savoirs prodigieux que sont connaître à la fois Fontaine le Bourg et Fontaine le Dun (prenez deux trous très paumés en cette chère et verte Normandie, ajoutez des vaches, à peine plus d'habitants, une fontaine anciennement existante - du moins suffisament pour donner son nom à l'illustre patelin - et vous y êtes !). Regagner la maison de Lauren puisque mon Papa s'adonne à des joies aquatiques jusqu'à vingt heures, y jouer à l'exploratrice de musées avec Barbara, tenter de ne pas trop perturber la cuisson du magret, et dévorer ledit délicieux magret et ses patates sautées en devisant permis de conduire et séjours linguistiques à Malte.
Rentrer à la maison, me plonger dans la musique en tripotant rêveusement la pate (alors la main qui tient mon stylo quand j'écris...) droite de Ciboulette la Poule, me préparer mentalement à rédiger un texto important. Ne pas tarder à aller me coucher, demain dernière leçon de conduite de la semaine (yeeeeeeeeeeehah !) ...
Moralité : c'est très agréable de faire découvrir aux petits nouveaux (gnark) ma ville qui n'est plus mienne pour très longtemps, très délicieux de savourer une de mes dernières pépites au chocolat en compagnie de gens aussi géniaux que mes amis même quand ils se moquent d'une malheureuse poule qui leur a rien fait et m'empêchent de boire alors que je suis assoiffée, très palpitant de découvrir des endroits insoupçonnés à la maison de Lauren, très dangereux de me faire conduire de nuit après une journée riche en émotions.
Bilan : plus que trois jours avant la prépa à Nanterre - plus que quinze jours avant le grand départ...
C'est très déroutant de me rendre compte que je préfèrerais que tu m'aies oubliée, plutôt que de t'imaginer triste à cause de moi. Très angoissant de savoir que le jour où je te verrai pour la dernière fois approche à grands pas. Culpabilisant d'avoir osé imaginer que peut-être ça ne serait pas aussi dur.
dimanche 14 septembre 2008
[Car si tu penses un peu comme ça (...) J'voudrais pas marcher dans tes souliers]
Juste passer une nuit irréelle. Douter, ne pas croire ce qui se produit là, à la lueur d'un écran. Ne pas comprendre. M'étonner. Me dire que de toute façon, de bout en bout, cette soirée n'aura été qu'une suite de surprises. Laisser faire. Après tout, on n'oublie pas presque trois ans comme ça. Intriguée, y prendre un certain plaisir. Noyé de doutes.
Troublée. A la fois flattée et malheureuse. Traîtresse. Victorieuse, vengée. Honteuse. Tiraillée entre la tentation et le sentiment de culpabilité, l'angoisse et le plaisir. Complètement perdue.
Juste passer une nuit irréelle, auprès de quelqu'un dont j'ai rêvé près de trois ans. Et qui, dans la pénombre de cette chambre, aussi près qu'on peut l'être, n'a plus l'air si mystérieux, mais juste distant. Comme toujours et pour toujours. Savoir que je n'y pourrai jamais rien. M'indigner, et puis finalement, me dire que de cette façon, à ce moment, c'est cruel mais que ça paraît la seule chose possible. Ou rien.
Et puis... Au fur et à mesure que j'observe, librement pour la première fois, ces yeux, ce profil et cette bouche, je me rends compte qu'il n'y a rien que de la curiosité. Mon bonheur est resté ailleurs ; à nouveau les remords. Une des seules choses qu'il m'ait demandées, ne pas l'oublier trop vite. Je me rassure : je ne l'oublie pas - je ne fais que penser à lui tout au long de cette nuit. Longue. Passée entre des bras vaguement réconfortants, vaguement attirants, vaguement repoussants. Sans dormir. A écouter leur respiration, à guetter les heures sur un réveil. A me relever, torturée par le trouble, la honte, les questions que je me retiens de poser et les souvenirs d'une autre nuit. C'est la seule chose que je comprends : ce n'est pas ce visage que j'aimerais trouver chaque matin à côté du mien, pas cette voix, pas ces cheveux, rien de tout ça ; "c" 'est resté avec lui, pour longtemps encore, et rien ne me fera oublier ma peine de ne plus jamais être avec, à lui.
C'est ce qu'il essaie à peine de m'expliquer, le lendemain dans le bus. N'appartenir à personne. Pour moi, c'est ça le vide à combler. Mais, pas un mot. Il ne s'est rien passé. Juste la mauvaise impression de m'être fait avoir, dans l'histoire. Et plus rien de positif. Même pas une erreur. Même pas mal... presque. Plus rien.
Bon anniversaire ma Law d'amour chérie, merci pour tout <3
Rencontrer Caro et tout lui raconter, lui être éternellement reconnaissante de comprendre ce que je ne peux dire qu'à elle, même quand je n'y arrive pas.
Troublée. A la fois flattée et malheureuse. Traîtresse. Victorieuse, vengée. Honteuse. Tiraillée entre la tentation et le sentiment de culpabilité, l'angoisse et le plaisir. Complètement perdue.
Juste passer une nuit irréelle, auprès de quelqu'un dont j'ai rêvé près de trois ans. Et qui, dans la pénombre de cette chambre, aussi près qu'on peut l'être, n'a plus l'air si mystérieux, mais juste distant. Comme toujours et pour toujours. Savoir que je n'y pourrai jamais rien. M'indigner, et puis finalement, me dire que de cette façon, à ce moment, c'est cruel mais que ça paraît la seule chose possible. Ou rien.
Et puis... Au fur et à mesure que j'observe, librement pour la première fois, ces yeux, ce profil et cette bouche, je me rends compte qu'il n'y a rien que de la curiosité. Mon bonheur est resté ailleurs ; à nouveau les remords. Une des seules choses qu'il m'ait demandées, ne pas l'oublier trop vite. Je me rassure : je ne l'oublie pas - je ne fais que penser à lui tout au long de cette nuit. Longue. Passée entre des bras vaguement réconfortants, vaguement attirants, vaguement repoussants. Sans dormir. A écouter leur respiration, à guetter les heures sur un réveil. A me relever, torturée par le trouble, la honte, les questions que je me retiens de poser et les souvenirs d'une autre nuit. C'est la seule chose que je comprends : ce n'est pas ce visage que j'aimerais trouver chaque matin à côté du mien, pas cette voix, pas ces cheveux, rien de tout ça ; "c" 'est resté avec lui, pour longtemps encore, et rien ne me fera oublier ma peine de ne plus jamais être avec, à lui.
C'est ce qu'il essaie à peine de m'expliquer, le lendemain dans le bus. N'appartenir à personne. Pour moi, c'est ça le vide à combler. Mais, pas un mot. Il ne s'est rien passé. Juste la mauvaise impression de m'être fait avoir, dans l'histoire. Et plus rien de positif. Même pas une erreur. Même pas mal... presque. Plus rien.
Et y a toi qui débarques en ouvrant grand les rideauxEt vous, le soir venu. Vos voix, vos sourires, vos baisers, nos joutes et mes défaites, vos piques, votre humour. Je ne m'étais pas rendu compte que ça m'avait manqué, d'écouter Alice vs. Geneviève, de me jeter sur Kevin, ou d'entendre nos éternelles histoires d'amours non partagées. Avec quelques descriptions de cours, de professeurs étrangers. Chacun son chemin, mais le mien est bien plus sûr, plus agréable et réconfortant si vous êtes là pour vous foutre allègrement de moi et de mes ridicules. Mieux vaut en rire avec vous. Regarder Lauren rejoindre le banc des majeurs de fraîche date en s'essoufflant sur des bougies magiques qu'elle a elle-même achetées, partir en mission avec Alice pour récupérer les dernières miettes de biscuits au fromage, squatter le canapé mauve sur le ventre de Kevin, batailler férocement avec Pierrot-le-vrai-ruthénois, contempler Tiphaine en pleine démonstration de la brillante cruche achequatrienne ou se lever à sept heures trente un dimanche pour aller dire au revoir à Cec.
Bon anniversaire ma Law d'amour chérie, merci pour tout <3
Rencontrer Caro et tout lui raconter, lui être éternellement reconnaissante de comprendre ce que je ne peux dire qu'à elle, même quand je n'y arrive pas.
lundi 8 septembre 2008
[Ne pleure plus Ne pleure plus La Seine est dans la rue]
Weekend sous la pluie à Lille. Pleurer mon angoisse à l'aller, laisser reposer ma tête sur l'épaule de Caroline, parcourir des rues et des rues sales et bondées sans retrouver trace de l'élégante ville sous les couches de déchets envahissant la chaussée, découvrir la saveur d'une bière, la couleur d'une pierre et les ficelles du marchandage, envoyer quelques textos inquiets, chercher des mots rassurants, retrouver intact l'humour de mon oncle après des années d'incompréhension familiale, mon chemin dans les dédales du métro, la chaleur d'un lit et la douceur des draps. Ne pas pouvoir retenir quelques fou-rires entrecoupés de mayonnaise et de rince-doigts, afficher mon amour pour les Beatles sur un tee-shirt jaune et conduire sans heurts pendant trois heures, une Caroline confiante endormie à l'arrière et mon père ravi que pour une fois je le laisse m'expliquer en détail les vives et vertus du nouveau Scénic. Et puis enfin rentrer à la maison, ouvrir le PC et tomber sur ce message, sourire de plaisir et réprimer moultes réponses trop spontanées.
Et puis pour quelques assiettes et un chat indiscipliné, laisser la colère monter et mes paroles me dépasser. Me retrouver là, puisque de plus en plus mon refuge le plus efficace reste ce coin d'expression peut-être trop libre. Tenaillée par les remords, la fatigue qui laisse champ libre aux sombres pensées et aux mots bancals, chargés de sens lourds et inutiles. Champ libre à l'idée de lui, encore. S'il savait. Il sait peut-être. Relire le message. Ne pas écrire la phrase suivante, puisqu'on dit que New York est belle, mais quand même, la braderie lilloise aurait eu beaucoup de charme à son bras. Encore un article que je regretterai peut-être demain matin, mais je crois de plus en plus qu'écrire me sauve à chaque fois. Et que si je n'arrive pas à leur parler, peut-être que des mots sur un post-it serviront plus que des plaintes sur une page web. Reste à la foutre au feu ma putain de fierté mal placée.
Il y avait aussi que Tiphaine et Morgane sont à Paris, que Paul-Henri parle de ses cours avec un autre étudiant en médecine, que je n'ai plus assez de crédit pour dire à Geneviève que je l'aime et qu'elle ne mourra pas, que Cec s'en va très bientôt alors que j'ai encore dix-mille mondes à critiquer sur un banc au chant des grenouilles et toute ma culture cinématographique à faire, qu'Alice aussi sera bientôt trop occupée pour me dire que je ressemble à une souris, et que Lauren va devoir m'inviter à goûter pour que je lui rende son K-way.
Et puis pour quelques assiettes et un chat indiscipliné, laisser la colère monter et mes paroles me dépasser. Me retrouver là, puisque de plus en plus mon refuge le plus efficace reste ce coin d'expression peut-être trop libre. Tenaillée par les remords, la fatigue qui laisse champ libre aux sombres pensées et aux mots bancals, chargés de sens lourds et inutiles. Champ libre à l'idée de lui, encore. S'il savait. Il sait peut-être. Relire le message. Ne pas écrire la phrase suivante, puisqu'on dit que New York est belle, mais quand même, la braderie lilloise aurait eu beaucoup de charme à son bras. Encore un article que je regretterai peut-être demain matin, mais je crois de plus en plus qu'écrire me sauve à chaque fois. Et que si je n'arrive pas à leur parler, peut-être que des mots sur un post-it serviront plus que des plaintes sur une page web. Reste à la foutre au feu ma putain de fierté mal placée.
Il y avait aussi que Tiphaine et Morgane sont à Paris, que Paul-Henri parle de ses cours avec un autre étudiant en médecine, que je n'ai plus assez de crédit pour dire à Geneviève que je l'aime et qu'elle ne mourra pas, que Cec s'en va très bientôt alors que j'ai encore dix-mille mondes à critiquer sur un banc au chant des grenouilles et toute ma culture cinématographique à faire, qu'Alice aussi sera bientôt trop occupée pour me dire que je ressemble à une souris, et que Lauren va devoir m'inviter à goûter pour que je lui rende son K-way.
mardi 2 septembre 2008
[New York I love you But you're bringing me down]
New York I love you But you're bringing me downPas sûre que tout ait vraiment un sens. Pas sûre que ça ait un sens de pleurer juste le temps d'une série parce qu'elle est triste, et de venir écrire ici mes grands mots. De penser à l'occasion que je réalise vraiment tout à coup que le lycée, et tous ceux que j'y ai aimés, vont me manquer. Que jusqu'à il y a peu, c'était ma vie. Et que depuis hier, chacun fait un pas de plus vers la vie des grands, ce qu'on s'est dit pour la première fois en rentrant à l'école primaire, puis au collège, puis au lycée. J'ai l'impression d'être tellement vaine. Comme un bout de verre en plein milieu d'une rivière pour en détourner le cours. Transparante comme un bout de verre, polie en surface, lisse et douce, mais aussi lisse et tranchante pour qui s'y frotte. Ils parlent tous de l'adolescence comme de l'âge toujours regretté, du paradis perdu, mais qu'est-ce qu'elle a de si enviable, de si merveilleux ou même poétique, notre adolescence ? Est-ce que grandir fait obligatoirement de nous des gens sans assez de temps ni d'envie pour écouter de la musique, traîner un après-midi en bande glousseuse, passer une nuit entière devant un écran, un livre, ou à parler avec la personne en face, qu'on a choisie et qui nous a choisie pour passer précisément cette nuit-là en notre compagnie ? Et si tout ça doit disparaître dans dix ans, est-ce que c'est la valeur éphémère des choses périssables qui nous les rend si chères ? Est-ce que ç'aurait été si fort, si on avait eu tout notre temps ? Est-ce que j'aurais tant aimé ces gens, si j'avais pu les retrouver bientôt ? C'est tellement dur de se dire que l'on voudrait le bonheur infini, et que ça n'existe pas, et tellement dur, quand il n'y a plus d'air, plus rien du tout, qu'on entend plus les voix qui vous disent que dans cinq minutes tout ira mieux, qu'on ne sent plus les mains qui vous serrent les épaules, mais plus que le vide, qui lui ne passe pas, ne veut plus s'en aller, semble envahir tout pour toujours, éteindre tout, tout voiler, c'est inadmissible de me dire que ce vide n'est pas plus horrible quand je suis seule que quand quelqu'un est là.
New York I love you But you're bringing me down
They knew anger well but not despair.Sais plus d'où ça vient. Est-ce qu'on est vraiment adultes maintenant ? Décalée. Comme si mon adolescence s'ouvrait devant moi, avec ma liberté. Peut-être alors que je manque vraiment de maturité. Sans filet pour la première fois depuis quatre ans, comme quelqu'un de normal. Et avec la pensée que j'en suis capable. Capable de vaincre les impressions, les trous, les vides, les creux, les nuits blanches et les films tristes, parce que s'il y a une fin à toute chose heureuse, il y en a forcément une à toute les choses malheureuses, et que la fin d'une chose heureuse ne veut pas dire qu'une ne suivra pas, différente, mais heureuse. Je n'oublie pas, pas pour autant.
Si tu lisais, mais tu ne lis jamais, tu n'écris jamais, je pourrais te dire ce qui m'échappe quand ça me terrorise de faire un seul faux pas, et quand finalement je ne fais qu'aller de travers et te faire de la peine. J'aimerais savoir ce qu'il faut faire pour ne pas oublier et être le plus digne possible. Si je ne vivais qu'en mots, je serais quelqu'un de formidable. Et puis je me retrouve en vrai dans un parc ou un bus, moi détestable et ridicule, mais que certains aiment quand même. Je ne sais pas comment tu aimes, ni pourquoi moi, je n'ai jamais compris comment Elle, comment Tu as pu m'aimer, ça ne paraît logique que si vous vous êtes trompés. J'en viens à te détester, est-ce que tu changerais d'avis, si tu le savais ? J'en viens à te détester de n'être pas là, de n'avoir pas été là même quand tu étais d'accord, de n'être plus là pour longtemps et peut-être pour toujours. Parce qu'être avec eux n'a pas de sens sans toi, parce que ces rues et ces jardins, ces cafés et ces bars sont déserts de toi et pleins de mes souvenirs. Parce que je les compte sur les doigts d'une seule main, celles avec qui je peux être un moment sans penser à toi. Parce que j'irai à Berlin sans toi, mais que je veux New York avec toi, comme dans les chansons des années quatre-vingt. Parce que j'irai à New York un jour, et que je te déteste et me déteste de vouloir y aller avec toi. Parce que moi j'ai rien compris de toi, et que je ne sais même pas, alors que je parle tellement, si tu as compris quelque chose de moi. Ni si tu en as eu envie. Je te déteste de rester aussi muet. Je te déteste parce que tu ne liras jamais ça. Et que tu n'y répondras jamais. Et à la fois je t'aime parce que tu es resté jusqu'à ce que le deuxième bus arrive, et que l'indécence aille se faire voir. J'ai été heureuse, j'ai été malheureuse, c'est fini. C'est fini mais je suis toujours malheureuse.
Inscription à :
Articles (Atom)