lundi 8 septembre 2008

[Ne pleure plus Ne pleure plus La Seine est dans la rue]

(Photo by Moo. Thanks a lot MiniMoo <3)
Weekend sous la pluie à Lille. Pleurer mon angoisse à l'aller, laisser reposer ma tête sur l'épaule de Caroline, parcourir des rues et des rues sales et bondées sans retrouver trace de l'élégante ville sous les couches de déchets envahissant la chaussée, découvrir la saveur d'une bière, la couleur d'une pierre et les ficelles du marchandage, envoyer quelques textos inquiets, chercher des mots rassurants, retrouver intact l'humour de mon oncle après des années d'incompréhension familiale, mon chemin dans les dédales du métro, la chaleur d'un lit et la douceur des draps. Ne pas pouvoir retenir quelques fou-rires entrecoupés de mayonnaise et de rince-doigts, afficher mon amour pour les Beatles sur un tee-shirt jaune et conduire sans heurts pendant trois heures, une Caroline confiante endormie à l'arrière et mon père ravi que pour une fois je le laisse m'expliquer en détail les vives et vertus du nouveau Scénic. Et puis enfin rentrer à la maison, ouvrir le PC et tomber sur ce message, sourire de plaisir et réprimer moultes réponses trop spontanées.
Et puis pour quelques assiettes et un chat indiscipliné, laisser la colère monter et mes paroles me dépasser. Me retrouver là, puisque de plus en plus mon refuge le plus efficace reste ce coin d'expression peut-être trop libre. Tenaillée par les remords, la fatigue qui laisse champ libre aux sombres pensées et aux mots bancals, chargés de sens lourds et inutiles. Champ libre à l'idée de lui, encore. S'il savait. Il sait peut-être. Relire le message. Ne pas écrire la phrase suivante, puisqu'on dit que New York est belle, mais quand même, la braderie lilloise aurait eu beaucoup de charme à son bras. Encore un article que je regretterai peut-être demain matin, mais je crois de plus en plus qu'écrire me sauve à chaque fois. Et que si je n'arrive pas à leur parler, peut-être que des mots sur un post-it serviront plus que des plaintes sur une page web. Reste à la foutre au feu ma putain de fierté mal placée.
Il y avait aussi que Tiphaine et Morgane sont à Paris, que Paul-Henri parle de ses cours avec un autre étudiant en médecine, que je n'ai plus assez de crédit pour dire à Geneviève que je l'aime et qu'elle ne mourra pas, que Cec s'en va très bientôt alors que j'ai encore dix-mille mondes à critiquer sur un banc au chant des grenouilles et toute ma culture cinématographique à faire, qu'Alice aussi sera bientôt trop occupée pour me dire que je ressemble à une souris, et que Lauren va devoir m'inviter à goûter pour que je lui rende son K-way.

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