Jeudi
(A présent je voudrais que la ville soit vivante cette nuit, pour partir à sa découverte et me sentir vivante.) Avril.
Relectures coupables en temps de révisions... La ville, que je contemplais du haut du balcon d'Hugo, et que je sentais hors d'atteinte, hors de ma portée, alors qu'elle était censée être mienne... Toutes ces pages noircies de février à avril...
Ça n'est pas la ville à laquelle je m'attendais, mais la nuit j'ai oublié son immensité, ses espaces vides et troublants. Elle est devenue ma complice, s'est montrée chaleureuse et accueillante, complice, c'est le mot... Il y avait tellement d'endroits où s'abriter et où être seuls, tellement de visages familiers depuis maintenant presque un an que nous nous côtoyons.
[Berlin I love you (Even if sometimes) You're bringing me down]
Voici la ville Dont je te parlais Là immobile Comme elle l'était D'ici on voit Depuis la colline Les panorama Dans la nuit, les usines Voici la ville Antiquaires et préfet La bourgeoisie docile Les pharmaciens rouennais D'ici l'on voit Les enseignes, les vitrines La Seine en contrebas Dans la nuit les usines Voici la ville Où je cherchais Les yeux des filles Un chemisier défait D'ici l'on voit Un fête qui se termine Les antennes sur les toits Dans la nuit les usines D'ici je vois Les amours, la presqu'île Et ma vie avant toi Voici ma ville.
Vendredi
Les jours passent à une lenteur effrayante. Coldplay à fond dans ma chambre. Oui ça fait très cliché, et alors ? Oh take me back to the stars. Je suis atrocement amoureuse. Atrocement niaise et atrocement en danger d'être... oh je me sens tellement stupide !! Ca ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment... Obligée à chaque minute d'empêcher mes pensées de vagabonder et les souvenirs d'affluer, obligée d'avoir recours à ces bonbons amers pour pouvoir dormir parce que je n'ai pas de temps à perdre en heures passées à contempler le plafond et à sourire dans le vide... (Les papillons dans le ventre). La musique à fond pour rester éveillée, pour rester à ce que je suis censée faire... Incapable de me concentrer aujourd'hui. J'ouvre et referme mon livre, éparpille les feuilles surlignées de toutes part, annotées à chaque lignes de traductions bancales... Dieu comme ça manque de sens, comparé à tout ce qui manque d'exploser en moi ! (Look at the stars look how they shine for you) Consciente de mon bonheur et de ma chance, et dans l'incapacité d'en jouir pleinement puisqu'il reste encore samedi, dimanche, lundi, mardi - BGB, mercredi, jeudi - Straf, vendredi, samedi, dimanche, lundi - Staats. J'ai besoin d'intensité, là, maintenant tout de suite ! Que la musique monte à en faire vibrer tout, que le ciel se couvre, que le vent souffle et arrache leurs feuilles au grands arbres du parc, que le tonner gronde, que les éclairs se déchaînent, que tout explose ! Je veux du bruit et de la pluie, "cravacher l'air en gestes et en paroles", du fracas, que ça bouge ! Tout est tellement fade autour alors qu'en moi tout bouillonne. Thé noir et brûlant.
[Pour Cec, qui est à l'origine de tellement de ces plaisirs - et pour toi aussi, qui ne connaissais pas Princesse Mononoké :) I love (watching movies with) you.]
2 commentaires:
Te lire en ecoutant du tchaikovsky est un plaisir sans nom pour moi ^^
=']
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