dimanche 14 septembre 2008

[Car si tu penses un peu comme ça (...) J'voudrais pas marcher dans tes souliers]

Juste passer une nuit irréelle. Douter, ne pas croire ce qui se produit là, à la lueur d'un écran. Ne pas comprendre. M'étonner. Me dire que de toute façon, de bout en bout, cette soirée n'aura été qu'une suite de surprises. Laisser faire. Après tout, on n'oublie pas presque trois ans comme ça. Intriguée, y prendre un certain plaisir. Noyé de doutes.
Troublée. A la fois flattée et malheureuse. Traîtresse. Victorieuse, vengée. Honteuse. Tiraillée entre la tentation et le sentiment de culpabilité, l'angoisse et le plaisir. Complètement perdue.
Juste passer une nuit irréelle, auprès de quelqu'un dont j'ai rêvé près de trois ans. Et qui, dans la pénombre de cette chambre, aussi près qu'on peut l'être, n'a plus l'air si mystérieux, mais juste distant. Comme toujours et pour toujours. Savoir que je n'y pourrai jamais rien. M'indigner, et puis finalement, me dire que de cette façon, à ce moment, c'est cruel mais que ça paraît la seule chose possible. Ou rien.
Et puis... Au fur et à mesure que j'observe, librement pour la première fois, ces yeux, ce profil et cette bouche, je me rends compte qu'il n'y a rien que de la curiosité. Mon bonheur est resté ailleurs ; à nouveau les remords. Une des seules choses qu'il m'ait demandées, ne pas l'oublier trop vite. Je me rassure : je ne l'oublie pas - je ne fais que penser à lui tout au long de cette nuit. Longue. Passée entre des bras vaguement réconfortants, vaguement attirants, vaguement repoussants. Sans dormir. A écouter leur respiration, à guetter les heures sur un réveil. A me relever, torturée par le trouble, la honte, les questions que je me retiens de poser et les souvenirs d'une autre nuit. C'est la seule chose que je comprends : ce n'est pas ce visage que j'aimerais trouver chaque matin à côté du mien, pas cette voix, pas ces cheveux, rien de tout ça ; "c" 'est resté avec lui, pour longtemps encore, et rien ne me fera oublier ma peine de ne plus jamais être avec, à lui.
C'est ce qu'il essaie à peine de m'expliquer, le lendemain dans le bus. N'appartenir à personne. Pour moi, c'est ça le vide à combler. Mais, pas un mot. Il ne s'est rien passé. Juste la mauvaise impression de m'être fait avoir, dans l'histoire. Et plus rien de positif. Même pas une erreur. Même pas mal... presque. Plus rien.

Et y a toi qui débarques en ouvrant grand les rideaux
Et vous, le soir venu. Vos voix, vos sourires, vos baisers, nos joutes et mes défaites, vos piques, votre humour. Je ne m'étais pas rendu compte que ça m'avait manqué, d'écouter Alice vs. Geneviève, de me jeter sur Kevin, ou d'entendre nos éternelles histoires d'amours non partagées. Avec quelques descriptions de cours, de professeurs étrangers. Chacun son chemin, mais le mien est bien plus sûr, plus agréable et réconfortant si vous êtes là pour vous foutre allègrement de moi et de mes ridicules. Mieux vaut en rire avec vous. Regarder Lauren rejoindre le banc des majeurs de fraîche date en s'essoufflant sur des bougies magiques qu'elle a elle-même achetées, partir en mission avec Alice pour récupérer les dernières miettes de biscuits au fromage, squatter le canapé mauve sur le ventre de Kevin, batailler férocement avec Pierrot-le-vrai-ruthénois, contempler Tiphaine en pleine démonstration de la brillante cruche achequatrienne ou se lever à sept heures trente un dimanche pour aller dire au revoir à Cec.

Bon anniversaire ma Law d'amour chérie, merci pour tout <3

Rencontrer Caro et tout lui raconter, lui être éternellement reconnaissante de comprendre ce que je ne peux dire qu'à elle, même quand je n'y arrive pas.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est bien connu, il faudrait ne pas toucher aux fantasmes pour que ceux-çi gardent leur coté magique..

Anonyme a dit…

Merci énormément d'être venue avec Kévin sur ce quai. J'ai pleuré dans le train mais chut ! Deux trois larmes pour mieux faire passer le fait qu'a partir de maintenant je suis seule. Mais maintenant que je suis connecté tout va bien, que je peux vous lire. Rien n'a changé et c'est très important pour moi de me dire que ce que j'ai laissé sera là à mon retour; Je sais que ce n'est pas possible, mais je donnerais tout pour être à Rouen avec toi et revoir tout le monde. Pardon, ce que je dis n'ai pas clair. C'est normal.
Love U
Merci encore pour la lettre, j'aurais bien aimée qu'on discute cet aprèm mais je crois que nos forfaits respectifs ne le permettent pas !!

Anonyme a dit…

oui , je savais de qui tu parlais..