lundi 20 juillet 2009

[Baby baby baby Won't you be my girlfriend]


[Avertissement : le message suivant peut provoquer irritation et agacement aux personnes sujettes à une certaine impatience devant les états de niaiserie avancés.]

Je suis niaise. Mon Dieu que je suis niaise ! Je suis heureuse, en fait, heureuse et extraordinairement frustrée à la fois ! Capable de rester des heures les yeux dans le vague à me ressouvenir de ces derniers jours. De me rappeler chaque marche, chaque couloir de S-Bahn, chaque lieu qui puisse porter une trace de notre passage. J'avais oublié à quel point Berlin est magique la nuit, je n'avais jamais su quels charmes elle décelait quand on y est avec Quelqu'un. D'ailleurs j'aurais pu être au beau milieu de l'endroit le plus laid, ça n'aurait rien changé. Même la fac a pris des airs familiers et enjoués - je me serais sentie chez moi n'importe où, pourvu qu'on y soit deux... J'ai frôlé l'extase pendant quatre jours. Maintenant il va vous falloir supporter mes crises de niaiserie et de manque post-Y. Il pleut sur Berlin depuis deux jours, les projets de vacances s'accumulent, la date des partiels approche et celle de mon retour en France aussi ! (L'impression de vivre plus intensément que jamais).
L'anniversaire de Dorra, le gâteau au chocolat avec les Smarties et les bougies multicolores, les photos d'Isaure... Une soirée indien avec Morgane le Ski et Marine, papotages jusque tard avec Isaure, Hélène et Cec... Life's cool.

lundi 13 juillet 2009

"Deine Zimmer ist nie so sauber, als wenn deine Freunde dir besuchen !"

:D

vendredi 10 juillet 2009

[Personne ne vous a prévenu ? Vous êtes sur Hell Nep Avenue]

J'imagine qu'une fois de plus je ne suis pas censée prendre tout ça tellement à coeur. Alors disons que c'est le temps, le gris, le froid et la pluie, la nuit blanche, la fatigue, l'accumulation de droit administratif, ... la fatigue. Une boule aigre dans la gorge et des frissons dans le dos.






Pensons plutôt à cette merveilleuse lettre de Lauren, à ce bouquin qui m'attend sous la couette et le sommeil, à la patience dont il faudra m'armer pour survivre à ces deux prochains jours :) et à ce qui arrivera...

mercredi 8 juillet 2009

Après mon départ d'Afrique, Gustave Mohr m'écrivit une lettre dans laquelle il relatait des faits étranges survenus sur la tombe de Denys. Je n'ai jamais rien entendu de pareil. Je le cite :
"Les Masais ont rapporté au commissaire du district de Ngong qu'ils ont vu plusieurs fois des lions sur la tombe de Finch-Hatton, au lever et au coucher du soleil. C'est un lion et une lionne qui viennent sur sa tombe, et y restent parfois longtemps allongés. (...)"
Il était normal et juste que les lions viennent sur la tombe de Denys et forment ainsi pour lui un monument africain.
"Et que ta tombe reste aussi célèbre."
En lisant cette lettre, je songeai que même Nelson, à Trafalgar Square, avait seulement droit à des lions de pierre.


[Cette nuit j'ai rêvé un étrange mélange entre La Croisée des Mondes, ma propre vie et ce qui ressemblait à un Miyazaki. Il y avait Lyra, Pazu, et un petit chat blanc aux yeux bleus qui me suivait partout, un cadeau de mon frère, qui le tenait d'Arthur. Il m'a semblé que c'était un rêve merveilleux. Il y avait une personne majestueuse, une reine ou une déesse, qui veillait sur nous, des endroits fantastiques et des combats acharnés. Et la douceur du poil de ce petit chat.]

Les personnages de fiction sortent des livres, ils courent à côté de votre cheval à la ferme, ou marchent paisiblement dans les champs de maïs. Comme des soldats avisés, ils savent trouver d'eux-mêmes les quartiers qui leurs conviennent. (...) Les personnages de mes vieux livres étaient depuis longtemps familiers de tous les recoins de la ferme (...).
La ferme africaine, Karen Blixen.

[La chanson que chantent les petits Kikuyus]


Il rentre dans la tente alors qu'elle se déshabille, il pose un doigt sur sa lèvre a l'endroit où elle s'est mordue au sang en tirant sur un lion, et il dit : "J'aimerais beaucoup..."
Puis il continue : "En souffrirez-vous ?" Elle répond que non, et puis elle chuchotte : "Si vous dites quoi que ce soit maintenant, je le croirai."

[Je n'ai pas regardé la fin, mais je les ai quand même pleurés.]

samedi 4 juillet 2009

[He's a real nowhere-man Sitting in his nowhere-land Nowhere-man can you see me hello ?]

J'ai pris le bus trop tard pour arriver à l'heure au Staatsoper, presque soulagée de ne pas avoir à m'enfermer deux à trois heures dans une salle sombre, à devoir contenir tout semblant d'émotion pour ne pas contrarier les vieux qui râlent au moindre toussotement. J'ai flâné le long de l'artère, vaguement étonnée des tenues étranges qu'arborent les berlinois quand les beaux jours les poussent à délaisser leurs blousons de ski. Vaguement tenté de faire les soldes au H&M de la Französische Strasse, déambulé sans but aux Galeries dans l'espoir d'entendre quelques mots de français - en vain. Je suis arrivée trente secondes après la fermeture du Passage, avec une envie soudaine de Paille d'Or. Cherché un glacier potable, mais sans oser rentrer dans le complexe intimidant du forum de l'automobile. En quête de calme et d'un endroit où me poser, je me suis dirigée vers le Gendamenmarkt avec une pensée pour cet après-midi avec Cec où on avait divagué sur un banc à côté de l'église française... Mais la place était bondée et barrée par une sorte d'amphithéâtre dressé à l'occasion du Classic Open. Me suis assise sur des marches quelque part, entre un couple âgé et trois étudiants, frustrée dans mon envie de liberté. J'ai regardé vers le ciel pendant que le spectacle commençait, il y avait des gens aux balcons, et j'ai essayé très fort de ne pas pleurer. J'avais mis ma plus jolie robe et j'étais sortie prendre l'air... J'ai repris mon livre, mais l'opéra, même en plein air, s'accorde mal avec le Kenya du siècle dernier, et au bout de quelques pages à chercher une citation qui me tournait dans la tête, je suis repartie, sans aucune envie que les trois étudiants qui se marraient en partageant leurs chips et leur rosé me voient faire couler mon mascara. Parce que je m'étais maquillée, aussi. Je suis passée devant des bars, des cafés et des restaurants remplis de gens détendus, souriants, endimanchés, en famille ou entre amis, et je les ai jalousés de toute ma force de crétine esseulée. J'ai cherché un endroit où me réfugier en attendant la fin de l'opéra, mais il était 20h, et ces bars, cafés et restaurants me foutaient la trouille. Besoin de plus d'anonymat. Refait la rue en sens inverse, traversé le carrefour toujours aussi animé et ai rencontré sur ma route le miracle du Dussman ouvert jusqu'à minuit... J'ai erré dans les rayons et j'ai découvert que les Allemands savent quand même faire de jolies cartes postales, même s'ils le planquent bien. Me suis décidée pour une carte sans aucun rapport avec le bon rétablissement que je voulais à l'initiale souhaiter à mon oncle, pas même un mot allemand, mais juste un lièvre ébouriffé à l'air paumé. J'ai pensé qu'il avait à peu près cette tête-là quand il me faisait des blagues belges et qu'il voulait me voler mon Polochon à musique. Qui ne fait plus de musique depuis, d'ailleurs. J'ai détaillé livre par livre le rayon enfant, me suis rendue compte que la Poule venait d'ici et que décidément, pour les mômes ils étaient forts aussi, les Allemands. Il y avait même l'Histoire de la taupe qui voulait savoir... Le rayon DVD a dû me prendre environ une heure. Quand mon pied droit a menacé d'exploser, je me suis enfoncée dans un de leurs fauteuils en simili-cuir très confortables te me suis plongée dans la plus imposante biographie illustrée d'Audrey Hepburn que j'ai pu trouver. J'ai même pénétré avec réticence dans le rayon bouquins, ouvert une traduction d'Expectation de Ian McEwan... Et puis il était 23h. Jeté un dernier coups d'œil sur la multitude de carnets en tous genres du rez-de-chaussée, puis je suis partie à la rencontre de Dorra et de sa sœur. J'avais bien fait de pas venir, un truc genre plus de trois heures, cet opéra, de toutes façons je le sentais pas. J'ai ouvert la bouche pour la première fois de la journée, et puis on est allées manger au Vapiano. Un gaspaccio, deux schweppes, une crème mascarpone, une dizaine d'anecdotes familiales, amoureuses ou allemandes et autant de fous-rires plus tard, on a payé en volant des bonbons à la caisse, et puis on a retrouvé la fraîcheur bienfaisante de la rue. Conclusion : les Belghith sont un remède efficace contre la grisaille, et ont un humour à faire se retourner n'importe quel passant. Et féroces avec les chats, en plus.

vendredi 3 juillet 2009

[On en oublierait presque le numéro d'équilibriste Le seul qui compte et qui constiste à pas tomber]

*Marcher sur le fil entre le bien et le mal
Disons pour être moins solennel
Entre le bof et le pas terrible
Mais c'est quand même difficile
Et quand on bascule c'est normal
Faut essayer de tomber du bon côté*

Je n'avais pas remarqué jusqu'ici à quel point elles sonnaient juste, ces paroles de notre bien-aimé, éternel Bénabar(chou :) ... Troublée. "Sans dessus-dessous". Et puis il fait tellement chaud... J'ai les idées qui s'embrouillent à force. Je suis terrifiée, en vrai. Affolée à l'idée de faire un pas de trop et de tomber de très haut. Et pas envie non plus de rester l'éternelle gamine effrayée et crédule... Et si c'est vraiment moi, alors il faudra que je m'efforce de gagner en fierté et en mystère. Et puis j'ai besoin de Vous voir, mai, juin, juillet, ça fait trois mois, et il s'en écoulera encore un entier avant que je vous revoie. Vous me manquez tellement. (Passé une bonne partie de la nuit à relire nos lettres... <3) Il est 15h30 et je suis toujours en chemise de nuit. Il faut que je travaille et que je mange et que je prenne une douche et que je m'habille pour aller à l'opéra avec Dorra et sa petite soeur ce soir. La Flûte enchantée... en allemand bien sûr.
Ca ne sera pas une erreur d'être venue, d'avoir tout plaqué, je ferai en sorte que ça n'en soit pas une. Toujours pas certaine qu'on puisse parler de courage, penchant de plus en plus vers la lâcheté. Est-ce que j'ai fui, ou est-ce que j'ai choisi le plus difficile ? Est-ce que j'avais vraiment conscience que ça serait aussi dur ? Il me semble avoir vécu en rêve ces mois qui ont précédé le grand départ, ce premier octobre. L'aéroport avec Lauren, presque jusqu'à la dernièe minute.
"Si tu ne pleures pas autant pour moi que pour ton chat... !"
"Tu ne pleureras pas, promis ?"
"Tiens, les sucettes, dans l'avion, ça occupe la bouche et la tête." (Caroline et moi, la braderie de Lille)
"Tu ne l'ouvriras que quand ils annonceront que vous aurez franchi la frontière."
C'était la première fois que je prenais l'avion depuis ce voyage en Grèce, huit ans avant. Et puis finalement je n'étais pas la seule à prendre ce vol : Isaure et Hélène, assises à côté de moi, et puis Marie, un peu plus loin. Le reste je n'ai pas envie d'y penser... Il reste qu'à chaque fois que je reviens, ce sont les plus belles vacances de ma vie, à profiter de chaque minute, de chaque personne et de chaque lieu le plus possible. Le soleil a brillé très fort la plupart du temps, il a nimbé pour toujours mes souvenirs les plus heureux, les mots les plus chaleureux, ceux qui sont à me rappeler chaque fois qu'il fait un peu trop gris ici.
Il fait tellement chaud !
NB : penser à n'oublier personne, à ne froisser personne. Pourquoi est-ce que je n'y arrive jamais ?