Et il neige encore... sans discontinuer depuis que j'ai ouvert les rideaux ce matin, réveillée par le Hausmeister. Babelsberg recouvert de coton... il faudrait que j'aille faire un tour dans le parc pour prendre quelques photos. Mais déjà, faire quelques pas dans cette poudre blanche, sentir les flocons se poser sur mon nez, le reste de mon visage enfoui sous mon béret et dans mon écharpe en laine. Me rappeler des mercredis après-midis passés avec ma mère et mon frère dans la pâture, à faire de bonshommes de neige et à jouer avec le chien Leo, décédé depuis, apprendre le mot "congère" sous le saule pleureur à l'époque si petit... La neige sur le Havre aussi, quand Papi et moi allions chercher le pain. J'avais un bonnet à oreilles en peluche blanche, et une écharpe verte avec de petits pompons au bout... Sentir qu'il me manque.
J'aurais aimé qu'il soit fier de moi. J'aurais aimé qu'il sache que j'ai eu mon bac et mon permis, j'aurais voulu qu'il me téléphone et qu'il me parle de sa guerre, puis qu'il s'enquière de mes progrès en langue. J'aurais tellement aimé pouvoir lui annoncer tout ça, il me semble que c'est de son approbation, toujours tellement difficile à obtenir il y a quelques années, dont j'aurais été la plus heureuse. Il me manque beaucoup. Je me suis demandé, hier, à quoi pouvait être comparé un baiser de Détraqueur, la perte de notre âme. Peut-être que c'est à ça... Est-ce qu'il peut y avoir pire que perdre petit à petit tout souvenir, toute conscience de son histoire, de son passé et de son présent, de soi, enfin ?
Mais il neige sur Potsdam, aujourd'hui. Ce soir je serai fixée, et enfin débarrassée de cette boule dans l'estomac. Dépitée ou très heureuse. Il y a eu ces quelques rencontres hier, le linge tout frais sorti de la laverie et cette odeur douce qui s'en dégage quand je m'enfouis sous les draps tout propres ; la chaleur du radiateur sous mes pieds quand, assise sur le rebord de la fenêtre, je savoure les dernières pades du troisième Harry Potter. Eh oui, c'est bientôt Noël... Une discussion enjouée à l'arrêt de bus de la mairie hier, à la nuit tombée, avec cet Allemand brillant qui m'intimidait encore un peu. Etude comparative de Berlin et Paris sous les petites lumières et les diverses décorations de fêtes. Il neige toujours... c'est magique, qu'il neige autant. Il n'y a que nous, Français, pour nous réjouir et nous émerveiller de toute cette blancheur chaque matin...
mercredi 3 décembre 2008
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1 commentaire:
Il a un peu neigé hier ici aussi
deux heures durant, j'étais comme une gamine tu imagines bien... et puis il a fallu s'enfermer dans un amphi sans fenêtres...
J'aimerais partager, la neige, les lumières de Noël et mes écharpes avec toi.
Tu me manques
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