mercredi 4 juin 2008

[If you have a minut why don't we go talking about it somewhere only we know ?]

J'ai très peur à l'idée de partir. J'ai peur qu'on m'oublie, d'être trop loin pour compter vraiment. J'ai peur qu'on soit trop occupées pour prendre le temps de s'écrire, de se donner des nouvelles, j'ai peur de ne pas savoir exactement comment elles iront, ce qui les préoccupera au moment précis où je penserai à elles. Et quand je dis Elles... Ce n'est pas tant que ça. Parce qu'à la réflexion, il n'y aura plus qu'elles. Malgré toute l'amitié, tous les sourires, chaque fois où on a trouvé des bras où se cacher pour pleurer sans que personne ne nous regarde, où ces mêmes bras vous ont serrée à vous faire étouffer de rire, chatouillé à vous faire étaler par terre sans plus aucune force, c'est comme dans les chansons de Souchon, quelque soit l'été merveilleux qu'on aura passé ensemble, quels qu'aient été les profs abusifs contre lesquels on se sera ligués, il ne restera pas grand chose en dehors d'agréables souvenirs, dans quelques mois. Je n'ai présentement aucune envie de rencontrer qui que ce soit. Je n'ai pas envie de m'habituer à de nouvelles personnes, de devoir les apprécier par nécessité, puis de les aimer parce que j'aurai appris à les connaître. Je n'en aurai pas envie pendant plusieurs semaines, c'est probable. Je les détesterai de ne pas être ceux que j'aime et qui seront restés en France, je les détesterai aussi d'être là pour les mêmes raisons qui nous ont poussés il y a trois ans à choisir cette classe dans ce lycée. Paradoxalement, les gens dont je suis le plus sûre sont ceux que je vois le moins souvent, parce que le problème de la distance est déjà posé, et qu'on s'en sort à merveille, je trouve. Cet endroit sera peut-être le seul où me réfugier, où parler ma langue en toute complicité, me débattre avec les mots familiers, qui s'étirent à l'infini pour former une multitude de sens, coller au plus près de ma pensée, exprimer de la manière la plus juste possible ce que je voudrais donner. Quels que soient les termes techniques qu'on ingurgitera par centaines tous les jours, quels que soient le défi et le plaisir qu'il y a à jouer avec les mots d'une langue qui ne nous est pas naturellement familière, et la sensation de victoire quand enfin ils s'alignent correctement, dans le bon ordre, enfin disciplinés, il n'y a rien de comparable au plaisir de venir ici, d'atteindre le seul moment où je suis vraiment concentrée sans aucune déviation possible, excitée par le blanc à combler, par le sens dont il y a à rendre compte. Avec pour seul frein le souci de l'intérêt, de la pertinence et du droit à remplir autant de pages. Me demander si écrire pour moi seule ce qui compte pour moi ou pour les rares personnes que ça peut concerner, mais avec la ferme intention d'être lue, a vraiment un sens, une légitimité. Je dévie, je ne voulais pas être prétentieuse, mais c'est dit. A défaut de faire au mieux, j'avais décidé d'assumer un peu plus. Je voudrais être le plus sincère possible, puisque pendant un certain temps, mes mots ici seront un des seuls liens entre la France et l'Allemagne, entre moi qui posterai des choses qui ne vous concerneront peut-être plus, et vous à qui ils seront destinés. Encore qu'à mon avis vous soyez très peu nombreux ^^

Ceux qui m'aiment me suivent
Je sais toi tu restes là
J'ai besoin d'aimer
Je ne sais rien faire d'autre
(...) J'ai besoin de renaître...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Comment peux-tu dire que tu n'écris pas bien après un article aussi beau que celui-là. Je n'ai rien à dire, juste que je continuerais de venir voir comment tu vas par l'intermédiaire de cette page l'année prochaine et que dans la mesure du possible je t'enverrais Caro en Allemagne.
En passant, la Rue Kétanou c'est un super groupe. Si tu as le temps écoute Broussaï et Hocus Pocus sur internet, c'est deux groupes sympa, tout les deux différents mais dis moi ce que tu en penses.