vendredi 13 juin 2008

[We share the same biology Regardless of ideology]

De 15h à 3h du matin, ça fait douze heures d'hitoire. Pour en être presque toujours au même point : très en retard... Vivement que tout ça soit terminé, Krush- Gorba- et la Cie des -chev me pourissent le crâne, j'en ai marre de me demander qui est méchant et qui est gentil, de rester sans voix devant l'horreur cambodgienne, de me rappeler à longueur de temps les chansons débiles de Noël sur la Palestine et l'Israël qu'on apprenait à la chorale en primaire. Je me souviens encore des paroles et de l'air, tellement fervents qu'on était, à chanter ces trucs alors qu'on savait même pas ce qui se passait vraiment, ni qui étaient ces "Enfants de Palestine Ou enfants d'Israël" avec des petits refrains angéliques : "Que les fusils se taisent Et répondent à l'appel De cette parenthèse Qu'on appelle Noël"
Quand j'étais petite, je me demandais quand le monde serait fini, c'est-à-dire quand est-ce que les guerres seraient réglées, et les chantiers, les immeubles en construction, construits, les gens heureux, logés et pas par terre dans les rues. J'y croyais dur comme fer, que la planête serait dans pas longtemps aussi bien rangée que dans ma chambre, où la nuit quand j'arrivais pas à dormir j'organisais des opérations de sauvetage pour mes peluches tombées du lit, et puis je partageais équitablement la couette entre eux et moi pour pas qu'ils aient froid. Le matin on me retrouvait par terre, c'était moi qui étais tombée sans me réveiller, parce qu'ils prenaient plus de place que moi.
Mais il y a toujours le même au coin de la rue du Gros Horloge, avec son chien et son lapin, depuis 15 ans que j'habite ici. Faut pas croire, j'espère plus, mais ça me dérange toujours les trucs en ruines, la pauvreté, les milliers de bâtiments pour qu'on aille faire du sport ou la fête pendant que les plus chanceux des moins chanceux dorment dans leur voiture. Je suis pas anarcho-rebello-utopiste et faut dire que je fais pas grand chose pour que certaines choses progressent, mais c'est tellement grand, ce qu'il reste encore à faire, que je sais pas si c'est possible. C'est pas vrai, en fait, j'espère toujours, les cours d'histoire de M. C le mercredi et le vendredi m'auraient fait pleurer plus d'une fois, et plusieurs fois je me suis naïvement insurgée avant même de me rendre compte que j'ouvrais la bouche. J'espère toujours des choses dont je sais rationellement qu'elles n'arriveront jamais, mais je ne peux pas vivre avec la conscience que le monde entier n'est qu'un immense bordel, j'ai besoin de me raccrocher aux choses qui font que mon principal souci est d'avoir mon bac avec mention, et d'oser croire qu'un jour elles seront à la portée de tous. Et je ne comprend pas comment on peut aller passer son été à se dorer sur des plages au soleil pendant qu'à quelques mètres des gens mettent des années à reconstruire ce qu'une guerre, une vague ou la terre a détruit en quelques secondes. C'est hypocrite, de ne pas vouloir la voir, la misère, et d'écrire tranquilement devant mon ordinateur les dates de la mondialisation, et de lire dans un bouquin mal fichu les constatations sur la fracture numérique, mais j'ai tellement l'impression que mes seules armes, dérisoires, ce sont les mots. Pour pas servir à grand chose, mais le seul vrai but que je voudrais donner à ma vie, c'est d'être utile. Je ne sais pas comment, et qu'on ne reproche pas à toutes ces petites filles d'avoir voulu être institutrice ou infirmière, à tous ces terminales S de vouloir faire médecine, à tous ces étudiants en droit de se rêver défenseur de la veuve et l'orphelin. Je renvendique d'être ton Gandhi, ou d'avoir pu y ressembler un peu, j'ai peur de devenir méchante et sarcastique, mais j'aimerais tellement être aussi sûre que lui, qui nous assène ses propres opinions à longueur de cours, dont on ne peut jamais vraiment se bébarasser. Je voudrais savoir quoi penser, trouver ma propre frontière entre le juste et l'injuste, savoir ce qu'il faut faire pour que le premier avance. Y a du boulot, je sais.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"Enfants de palestine, ou enfants d'Israël, d'Amérique ou de Chine, il faut croire à Noël"
Les mêmes références culturelles!^^

Ma préférence: khroutchev en allemand =Khroustschov (voire plus compliqué)
Ou encore de lire mon cours sur l'Europe rhénane et me dire que je pourrais presque intégralement le traduire en allemand.
Mais à part tout ça, pas grand chose, mes révisions n'avancent pas non plus et je suis, très précisément et dans un langage très poétique: DANS LA MERDE!!
Je t'adaime quand même, j'ai reçu mon bulletin aujourd'hui, il est excellent, j'ai signé mon dossier mercredi, c'était très bon pour l'égo...
Alors je suis dans la perspective "don't worry, de nos jours ils donnent le bac à tout le monde alors forcément à moi!"
bisoutes