dimanche 16 novembre 2008

[And I would have stayed up with you all night]

Ce soir, je dors.

Toi mon souci,
Toi mon envie,
Toi qui m'enflammes
Deviens ma femme.
Prends juste les larmes
Que j'ai versées pour toi
Et sous ton charme
Elles deviendront des larmes de joie.

jeudi 13 novembre 2008

[I'd like to change my point of view]

... I feel so lonely
Waiting for you
But nothing never happens...

Fatiguée, envie de dormir. Plus d'ordinateur. Fatiguée, marre du stress, marre d'attendre que tout s'arrange. Fatiguée.
? me manque.

dimanche 9 novembre 2008

[Le morceau de sucre qui aide la médecine à couler La médecine à couler]

Tuparles. Tout le monde s'en fout.
Mary Poppins est une garce.
Egoïstes.
Et je n'ai aucune envie de rentrer.
Pas sûre que çait un sens, d'être ausi loin pour aussi longtemps.

mercredi 5 novembre 2008

[.]

Grey's Anatomy, saison 2, épisode 17 :


avec Arthur.

lundi 3 novembre 2008

[J'allais rue Bernauer Je devais voir mon frère Pour parler de liberté]

17h15, U-Bahn ligne 2 direction Pankow, descendre à Nollendorfplatz. La nuit est déjà tombée sur Berlin, mais les enseignes au néon qui brillent un peu partout la rendent presque plus animée que le jour. Elle n'est pas très jolie cette place, le quartier n'est pas le plus reluisant de la ville, et la St Matthias Kirche pas spécialement élégante, mais il s'en dégage quelque chose de piquant qui vous prend au coeur. Peut-être à cause de cette soirée de samedi ; toujours est-il que même le vent ne semble pas si mordant qu'ailleurs, et s'il me tire des larmes de froid, il me semble qu'il n'y a rien de plus vivifiant que de marcher dans ces rues, plus rien ne dépassant du col de mon manteau ou de mon béret neuf en dehors du bout de mon nez. Des odeurs alléchantes sortent des Döner-Kebab, et je sais pour les avoir goûtés au petit matin il y a deux jours qu'elles tiennent leur promesse. Friperies, magasins d'arts et autres librairies bordent les trottoirs. Je m'arrête devant l'une d'elles, attirée par une promotion : l'Anthologie des Beatles pour 16,50 euros, alors qu'elle en vaut 45 à Rouen. Et un énorme bouquin sur l'Histoire de Berlin à côté, et plus loin une pile de biographies de musiciens... Pas de temps, pas encore reçu mes sous, mais je reviendrai, me promets-je, en souriant toute seule, "Drive my car" aux oreilles.
Glotzstrasse, 39 : le Mister Hu Bar, où nous avons fêté les vingt ans d'Urbain, où j'ai oublié mon porte-monnaie. Fermé à cette heure, mais le barman, prévenu de mon arrivée, m'ouvre la porte avec un sourire. "Auriez-vous perdu quelque chose ?" Après vérification de mon identité, il me rend mon bien, et je retrouve avec soulagement ma carte d'étudiante, celle de la Deutsche Bank, le badge de Lauren et tous nos photomatons. Je m'attarde à bavarder avec lui, puis repars, sans plus aucune angoisse.
Le plaisir de me plonger dans un bon bouquin en rentrant à Potsdam, assise dans la S-Bahn, voir tout le reste s'effacer au point de manquer mon arrêt. Descendre un peu plus loin, ça ne fait rien. Mes ballerines font un petit bruit sur les pavés, mon sac bat contre mes jambes, le froid me picote les joues, je sautille en descendant les marches, passe devant une vitrine, regarde mon reflet et me trouve jolie.
Savoure la chaleur du bus après la fraîcheur de la rue, lis encore quelques pages et finis par atteindre ma chambre. Essouflée, je me débarasse de mes affaires, et en ouvrant mes mails, tombe sur celui de ma grand-mère ; beaucoup plus tard sur un de Law. Ce soir Hélène et Valentine viennent manger et regarder la suite de la première saison de Skins entamée hier.
Rester quelques minutes à ma fenêtre, penser à cette sortie de samedi, aux discussions germano-françaises, à ma joyeuse ivresse, à Xavier de retour en France, à l'amitié promise d'Urbain, aux kebabs savoureux, au retour vers cinq heures du matin avec Tobias, Philipp et cette jolie Allemande qui m'impressionait, à la douceur presque intolérable de mon lit, enfin. Lundi presque achevé, il ne reste plus que trois jours avant de m'envoler vers la maison, Maman, Papa, Paul, Lauren et Caro, mon Chat et son ventre tellement doux.
Ce soir tout va bien.

[I miss you sweet brother I'll see you some other time]

From : Maman.
Object : "La vie est belle !"

Un mélange de Souchon, de Sheller, pendant que mon éponge s'active sur les plaques de la cuisine.
I hate sundays.
Envie de pleurer trop récurrente. Plus aucun courage, plus aucune pudeur. Juste m'abrutir de séries. Deux ans, c'est tellement long.
Une semaine c'est tellement long, quatre jours tellement court, et puis, encore Un mois et une semaine avant de les voir à nouveau.
Ca me manque tellement... nos repas en famille, les tartes à la tomate, les vendredis soir dans le lit à regarder les séries sur France 2, le chat à nos genoux. Les samedis midis, me coucher à 10h après les cours, me relever pour midi, aller embrasser ma mère et l'aider à la cuisine. Les dimanches après-midi, faire un fondant au chocolat pour le soir, et parfois essayer de les convaincre d'aller au cinéma. Lui piquer ses fringues et son khôl, parfois lui sauter dessus par surprise, faire des embuscades avec le chat pour gratter à la porte de la salle de bains les soirs de semaine. Travailler dans ma chambre et puis m'interrompre et continuer à côté d'eux sur le canapé ou aux pieds du lit. Ecouter "M. Marcel" et lui offrir le CD.
Je me sens tellement petite, ici. Déplacée. Présomptueuse, d'avoir cru que du haut de mes dix-huit ans je pourrais tout faire toute seule. Ils me manquent tellement.

samedi 1 novembre 2008

[Hides my true shape Like Dorian Gray]

Voilà, j'y suis. Et malgré toutes mes promesses, mes déclarations solennelles, des jours que je n'écris pas. J'y suis, boule dans le ventre, sans savoir vraiment ce qui m'amène autre que la nécessité de ne pas laisser mourir cet endroit, comme on éprouve de la difficulté à jeter un objet qui nous a été cher, mais qui rappelle un passé complètement révolu, dont le souvenir ne nous apporte plus aucun réconfort. Juste mon angoisse, face à moi, ce vieux vide qui revient, fait trembler mes mains et poisse mes tempes de sueur. Et s'ils ne s'étaient pas trompés ? S'ils n'avaient omis que la date... Si tout, absolument tout, était voué à l'échec, malgré vos lettres, vos mails, les colis et les surprises, Vous. Tout au long de mes réponses, il n'y avait qu'un mot : m-e-r-c-i. Merci d'être là, de me dire dans chaque courrier ce que j'ai tant besoin d'entendre ici. Vos mots prennent la forme de bras réconfortants, dans lesquels je me drape et finis par sourire. Et quand ces bras deviennent chair et os, quand à l'aéroport j'attends avec impatience que la porte s'ouvre sur une brune au manteau vert et son acolyte, ma compagne de boutiques, alors je pense qu'il n'y a rien d'autre que je puisse souhaiter. Quand cette ville, parcourue en long, en large et en travers, je peux la partager avec celles que j'aime et qui n'ont pas hésité à parcourir 1.000 kilomètres pour moi, les heures de cours incomprises disparaissent ; il n'y a que la texture étrange du sable sous nos pieds, dans la lumière tamisée d'un petit bar, la saveur d'un cocktail, la sensation grisante du froid sur nos visages alors qu'on s'apprête à rentrer au chaud, le bonheur immense d'avoir à ce moment précis tout ce que je désire quand ma tête repose sur une épaule amie et que nos rires fusent, libres et rendus déchaînés par le manque depuis des semaines, dans la rame quasi-vide d'une S-Bahn berlinoise. Parfois ça me dépasse, d'être si heureuse devant une demi-feuille tombée d'une enveloppe kraft à l'encre délayée par la pluie. Je me demande si je mérite tout ça, je ne crois pas mon bonheur de lire toutes ces lignes, d'effleurer tout à coup dans ma poche, à la recherche d'une clé ou d'une carte, la surface lisse de ce badge qui ne me quitte plus. Je photocopie des mots, des dessins, les accroche partout, les glisse entre les pages d'un cahier pour ne plus m'en séparer. Compte les jours qui me séparent de mon retour chez moi, me dis que j'ai une chance incroyable, de vous avoir, et la certitude que c'est pour de vrai.
Et j'en ai besoin, de certitudes. Face aux vieilles craintes que je croyais avoir définitivement balayées, au vide qui revient par accoups et ne cède que devant la fatigue qui me ferme les yeux et ralentit tout le reste autour. Au détour d'une conversation, me rendre compte tout à coup, très précisément, que je n'ai rien oublié, et qu'il s'écoulera du temps avant... savoir qu'une partie de moi reste près d'un abribus encerclé par la pluie, encore frustrée par les appels sans réponses, sans nouvelles.
Et rester des soirs, les yeux ouverts rivés au plafond, rongée par une idée tenace, la même depuis des mois. Et s'ils avaient raison, et que tout ça n'avait été que partie remise ? Mes pensées à nouveau peuplées d'ombres menaçantes, le vide en spirale, le noir au bout, rien au bout, tout passe par ce que j'avais cru oublier, s'infiltre et vient perturber chaque seconde où je baisse la garde. Et s'ils avaient raison et qu'on ne puisse rien y faire. Quand il ne reste que moi et moi seule, aux prises avec ce qu'aucun de vos mots ne peut faire reculer à ma place. Quand je doute et les laisse s'inviter, quand je ne sais plus s'il est possible de résister, quand plus aucun repère ne vient éclairer les nuits noires et étouffantes, quand je n'arrive plus à me raccrocher à ces sourires, qui ne peuvent de toutes façons plus rien faire.
Il y a le manque et la distance que j'efface avec des souvenirs, des photos et des lettres, mais il y a aussi le vide que personne ne réussit jamais à combler.